J’entends beaucoup de conneries ces temps-ci de la part de certaines personnes au sujet des armes à feu, alors mettons les choses au point. Voici quelques points, notamment concernant la législation californienne.

Il est impossible d’acheter une arme à feu moderne en Californie et de quitter le magasin avec ladite arme le jour même

Si vous achetez une arme à feu, même à un particulier, il vous faut utiliser les services d’un marchand licencié par le gouvernement fédéral, qui gardera l’arme sous clé pendant dix jours, après lesquels l’acheteur peut récupérer l’arme (en partant du principe qu’il a été approuvé par les ministères de la justice californien et fédéral).

Cette période (dite de cooling off) a été progressivement rallongée au cours des décennies jusqu’à sa durée actuelle (certains marchands rajoutent un jour supplémentaire pour éviter que les acheteurs ne récupèrent leur arme trop tôt, ayant par exemple acheté leur arme un après-midi, et insistant sur une délivrance au matin du 10e jour). La logique derrière cette mesure montre évidemment ses limites lorsque l’acheteur possède déjà d’autres armes à feu.

Il existe quelques exceptions à cette règle. Un particulier peut ainsi vendre directement à un autre une arme d’épaule fabriquée il y a 50 ans ou plus sans avoir à passer par un marchand licencié, et sans avoir à remplir aucune paperasse. Il existe quelques exceptions à cette exception, notamment les armes automatiques. En Californie, ne peuvent être vendues ni possédées les fusils possédant par exemple un lance-grenade, quel que soit leur âge.

Une autre exception porte sur les armes considérées par la loi comme des « antiquités » (antiques), et fabriquées avant 1898. Celles-ci ne sont pas considérées comme des armes à feu par la loi, ne nécessitent en conséquence aucune autorisation ni déclaration (même si elles sont en parfait état de fonctionnement), peuvent être achetées auprès d’un magasin ou d’un particulier, et ne nécessitent pas de délai d’attente.
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En France, Perrier s’est depuis des décennies positionné comme un soda. Ce n’est pas l’eau minérale gazeuse qu’on commande généralement avec un repas. On demandera plutôt une Badoit, voire, pour les amateurs de grosses bulles, une San Pellegrino (traîtres !). La publicité de la marque en France, depuis les années 50, a toujours misé sur l’anti-conventionalisme et la fantaisie. Ce n’est pas une eau avec laquelle mamie prend son déjeuner. C’est une boisson qu’on commande l’après-midi, sur la terrasse d’un café, après un match de tennis entre potes.

Mais aux États-Unis, Perrier n’a jamais vraiment eu cette image. Nombre d’Américains la commandent dans les restos un rien chic, en place d’une San Pellegrino. C’est tout de même plus classe qu’une eau gazeuse domestique commune comme la Calistoga. Et il ne vient pas à grand monde l’idée de la commander dans un café, bien qu’on la trouve parfois dans des bouteilles en plastique de 500 ml dans les stations service.

La dernière campagne publicitaire de Perrier change cependant la donne, et, comme en France, semble vouloir marketer l’eau gazeuse comme un soft drink. Rien d’étonnant donc à ce que la pub en question (version longue ci-dessous) soit signée Ogilvy France, produite et réalisée dans le vieux pays.

La réception risque d’être intéressante — la femme qui sauve le monde du réchauffement planétaire (un concept dont la plupart des Américains restent sceptiques) représente la « French Mission ». Ici, les fromages qui puent restent assez peu populaires parmi les électeurs de droite, mais après tout, Perrier ne vise pas nécessairement les consommateurs qui s’identifient avec le Tea Party.

Le marché de l’immobilier montre des traces de relance dans la région de la Baie de San Francisco, et pour cause : l’économie s’y porte relativement bien. Alors certes, l’IPO de Facebook n’a pas créé une génération de millionnaires comme le NASDAQ en pondait du jour au lendemain à la fin des années 90, mais les postes sont là, et ça embauche sec pourvu que vous soyez un informaticien performant, un designer de talent ou un gourou du marketing.

Dans le reste du pays et même la plupart de la Californie, cela dit, ça continue à patiner. Et dans mon comté d’adoption, ça reste assez catastrophique. Comme ailleurs, beaucoup de gens du coin se sont endettés en faisant des prêts trop beaux pour être vrais, et leur propriété vaut maintenant moins que le solde de leur emprunt. Et de nombreuses maisons ici sont des résidences secondaires, dont certains de leurs propriétaires ont arrêté de payer les mensualités. Du coup, il y a des affaires à faire. Et j’espère pouvoir en choper une d’ici un an ou plus, de préférence dans l’appellation des Red Hills, ou ailleurs, histoire à terme d’y planter un vignoble. On verra.


En attendant, j’ai quand même fait une affaire. Par ces temps difficiles, il y a beaucoup de mauvais payeurs. Et certains ont carrément arrêté de payer leurs impôts fonciers. Du coup, les comtés organisent des ventes aux enchères des propriétés saisies. Suite aux résultats médiocres de certaines de ces ventes, qui dans certains comtés modestes ou distants n’attiraient pas beaucoup d’acheteurs, de plus en plus de municipalités et d’administrations sous-traitent désormais l’inventaire de leurs propriétés à revendre à des sites spécialisés.
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C’était trop beau. La Boulange, une success story de l’entrepreneuriat français expatrié, est une chaîne de quelque vingt magasins dans la région de San Francisco qui se sont multipliés à une vitesse remarquable au cours des dernières années. L’enseigne offre des pains et pâtisseries français typiques, de la baguette aux croissants, en passant par d’authentiques cannelés et même des galettes à l’Épiphanie. Évidemment, chaque La Boulange est également un café offrant lunch et boissons.

Le concept était né en 1999, avec une première enseigne à San Francisco. L’endroit, priviligié par la clientèle française et francophile de la ville, devient vite un must pour les foodies san-franciscains. Et aujourd’hui, New World Group, la holding qui est l’investisseur principal de La Boulange, a annoncé aujourd’hui la vente de la chaîne à Starbucks, la pieuvre du café.

C’est sans aucun doute une bonne opération pour le fondateur, Pascal Rigo. L’acquisition va coûter quelque 100 millions de dollars à la sirène de Seattle. Des pâtisseries sous la marque La Boulange vont bientôt apparaître dans les cafés Starbucks, ce qui ne peut être qu’un progrès, vu la qualité assez médiocre du grignotage jusqu’ici disponible. Et la chaîne La Boulange va grandir au niveau national, avec un objectif de 200, puis 400 enseignes.

Mais c’est aussi une déception pour la clientèle fidèle. La consolidation des marques est rarement une bonne nouvelle pour les consommateurs. La Boulange va-t-elle continuer à produire des galettes des rois en janvier 2013 ? J’en doute fort. Et les pâtisseries La Boulange disponibles dans les Starbucks de Tulsa seront-elles aussi authentiques que les croissants actuellement produits ? Je suis plus que sceptique.

Félicitations à Pascal Rigo. J’espère qu’il va désormais prendre ses billes et les investir dans une autre boulangerie bien authentique. Je veux continuer à pouvoir commander mes galettes en janvier prochain.

Samedi, bien que Français exilé aux États-Unis depuis douze ans, je vais faire mon devoir de citoyen, et voter. Je pousse ça loin : je vais carrément quitter le boulot (un événement qui se termine à 18 h) pour descendre jusqu’à San Francisco (un trajet de plus de deux heures), où ma douce et moi avons réservé une chambre d’hôtel. Le lendemain, à 8 heures pétante (enfin plus ou moins, c’est un samedi, faut pas déconner), je me rendrai au bureau de vote situé pour moi au 150 Oak Street, l’adresse du Lycée franco-américain de San Francisco. Je ne traînera pas, car à 11 heures je dois être de retour à Lower Lake pour vendre du pinard. Ma douce restera elle sur SF pour profiter du temps quasi-estival dont la Baie devrait bénéficier ce week-end.

Pour une raison que j’ignore (et sur laquelle je vais m’empresser d’enquêter), les Français des comtés de Marin, Sonoma et Napa votent à un bureau de vote situé à Corte Madera, ce qui est bien pratique pour eux. Mais tous les Français situés dans les comtés plus au nord (dont le mien, celui de Lake) doivent se rendre plus au sud, à San Francisco. Ça n’a aucun sens et contredit le mot d’ordre de la participation. La bureaucratie à l’état pur.

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C’est l’une des insultes les plus haineuses du vocabulaire anglophone. The other F word, comme le désignent certains. Faggot (et sa version abrégée fag, qui a une signification tout autre outre-Manche) est une injure anglo-américaine homophobe, l’équivalent de « pédé » ou « pédale ».

Son étymologie, remontant au français « fagot », est assez complexe. Il existe différentes théories, dont celle évoquée dans cette scène de l’excellente série Louie, qui a pour mérite de mettre en perspective les conséquences de l’homophobie ordinaire.

Le deuxième épisode de Lexicon Valley, un nouveau podcast de Slate, détaille l’évolution de cette insulte, que s’est réappropriée la communauté gay (le terme fag hag, ou « fille à pédés », est même considéré relativement acceptable dans certains cercles), et qui, selon les commentateurs, semble même évoluer vers le statut d’une injure sans connotation nécessairement homophobe.

Reste que dans l’énorme majorité des cas, le terme reste utilisé soit pour insulter un homosexuel — ou un homme efféminé —, soit pour mettre en doute la masculinité conventionnelle d’un homme (un usage courant chez les frat boys imbéciles).

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