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mai
23
Premier essaim
Publié dans blog, nature | 4 commentaires
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J’installe un essaim acheté début avril à l’intérieur d’une ruche.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.Quand une colonie d’abeilles devient trop importante, ou lorsque la reine décide, pour une raison plus ou moins mystérieuse, qu’il est temps d’émigrer, un essaim se forme. La colonie se divise, et les abeilles restantes élèveront — en principe — une jeune reine, tandis que celle qui détient actuellement le titre s’envole avec un essaim en escorte.
Il y a trois semaines, j’avais raté un essaim qui s’était fait la malle de l’une de mes ruches installées chez Moore Family Winery, dans les Red Hills. Beau m’avait appelé pour me prévenir. Manque de pot, le temps que j’arrive, une heure et demie plus tard (j’étais à Hopland, dans le comté de Mendocino voisin, faisant la tournée des domaines avec des amis), l’essaim avait disparu. Parfois, ils se déplacent rapidement, d’un arbre à un poteau téléphonique, d’un banc à une voiture. D’autres fois, ils restent au même endroit pendant plusieurs jours.
La ruche n°4 d’où l’essaim s’était barré restait cependant incroyablement active. À tel point que j’y installai il y a deux semaines une hausse supplémentaire, la plupart des cadres de la hausse existante étant déjà presque remplis de miel et de nectar. J’espérais d’ailleurs en récolter quelques cadres pour en extraire encore un peu de miel.
Vendredi, il est un peu plus de 14 heures lorsque je me pointe au domaine. J’ai récupéré quelques bouteilles de vin chez Six Sigma Ranch, où j’ai donné à Christian un chèque pour le quart de bœuf élevé en pâturage que je lui ai commandé. À 6 dollars la livre, et vu que la bête pèse plus de 1200 livres au lieu des mille prévues, je fais une plutôt bonne affaire. Nous ne garderons pas les 100 et quelques livres pour nous tous seuls, et nous en revendrons sûrement à des amis.
Ensuite, j’ai obliqué vers les montagnes pour Boggs Mountain, qui près du sommet de l’une des montagnes a un champ de tir complètement informel et improvisé par les pompiers qui gèrent la forêt. Je préfère y aller en semaine — l’avantage du chômeur/indépendant — car j’y suis souvent seul.

L’essaim sur une branche de manzanita.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.Après une bonne heure de pan-pan, je redescends de la forêt et j’emprunte une autre petite route qui m’emmène vers le domaine de Moore. Je veux jeter un œil sur les deux ruches, notamment la violette, la numéro 4. Surprise à l’arrivée : elle semble relativement peu active. Je soulève le toit pour m’assurer qu’elle est toujours habitée : plusieurs abeilles sont bien là, dans la deuxième hausse, occupées. OK.
Je vais ensuite voir la boîte que j’ai laissée il y a trois semaines, lorsque je suis venu dans l’espoir de capturer l’essaim en question. La boîte, avec quelques cadres à l’intérieur, est restée sur place au cas où un autre essaim déciderait de sortir et de l’adopter. Mais que dalle : pas de locataires.
Je continue ma promenade en haut du vignoble, comme à chaque visite. Parfois je fais des rencontres intéressantes. L’automne dernier, un renard a trotté à seulement deux mètres de ma pomme alors que j’abreuvais une ruche de sirop de sucre pour les aider à passer l’hiver. Les chevreuils sont courants aussi. Et là, à seulement trois mètres de la boîte que j’ai posée il y a trois semaines, je trouve un essaim de la taille d’un ballon de basketball, agglutiné autour d’une branche de manzanita. Je suis prêt à parier que c’est l’endroit exact où Beau a repéré l’essaim précédent il y a trois semaines. Ils se posent souvent au même endroit que leurs précédesseurs — certains pensent qu’ils sont attirés par les phéromones de la reine précédente.
mai
13
Défloraison
Publié dans tek, nature | Laisser un commentaire
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Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.Je ne connais pas grand chose aux fleurs. Je peux vous identifier les plus connues ainsi que quelques fleurs sauvages, mais chez le fleuriste, sorti des roses, des tulipes et des chrysanthèmes, je suis inculte. J’ai donc investi il y a quelques années dans un petit guide d’identification des fleurs du nord-ouest américain, l’excellent Pacific States Wildflowers de la collection Peterson Field Guides. Le début du livre offre une identification par caractéristiques, mais le plus gros est une classification par couleur, avec un dessin (dont une sélection de plaques en couleurs) pour chaque fleur.
Évidemment, ça ne vous sera utile que si la fleur que vous cherchez à identifier est indigène ou courante dans le nord-ouest Pacifique. Mais jusqu’ici, j’ai eu de la chance.
Nous avons au printemps dernier emménagé dans une ancienne maison de pépiniériste. La maison est en bon état, mais le reste de la propriété a été cruellement négligé au cours des dernières années. Il reste cependant de nombreux vestiges de l’ancienne vocation de l’endroit. Au cours des mois j’ai fait de mon mieux pour débroussailler l’entourage immédiat autour de la maison, j’ai planté des tulipes et des narcisses en novembre qui ont égayé le début du printemps, et j’ai passé pas mal d’heures à élaguer et tronçonner. La demi-douzaine de pieds de vigne a été taillée au début du mois après des années d’abandon. Le houblon que j’ai enterré à l’automne se plaît beaucoup et a commencé à grimper sur le treillis sommaire que j’ai mis en place. J’ai bîné et bêché les quatres plantoirs que j’ai recouvert de papier journal et compost afin d’en tuer les mauvaises herbes, labouré un petit bout de terrain supplémentaire, et planté du maïs, des laitues, des pommes de terre et des tournesols, en attendant d’y rajouter d’ici peu concombres, tomates et poivrons.

Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.Le printemps est l’un des grands plaisirs du jardin. Et c’est encore mieux lorsqu’il s’agit d’un jardin qu’on ne connaît pas encore complètement, où surgissent soudainement des plantes inconnues. Plusieurs d’entre elles ont fleuri au cours des dernières semaines, mais il ne fallait pas compter sur mes connaissances plus qu’approximatives en matière d’horticulture pour les identifier.
L’année dernière, Phil m’avait envoyé l’URL d’une startup qui s’était fait remarquer à Techcrunch 50. GazoPa intègre une technologie de reconnaissance de formes et couleurs pour identifier des objets dans une banque de photos. D’autres sociétés s’étaient auparavant attaqué à ce type de technologie, et certaines avaient été acquises, et d’autres avaient fermé leur portes. Une nouvelle vague de startups ayant mis au point des technologies similaires mais visant différentes applications sont depuis apparu au cours des deux dernières années. Les Suisses de Kooaba ont lancé une API permettant d’identifier par exemple de prendre une photo d’un objet avec un mobile pour en trouver le contenu associé en ligne — remplaçant ainsi le besoin de taper le nom de l’objet en question. C’est un peu l’équivalent de Shazaam, mais visuel.
GazoPa reste plus généraliste. Le service — toujours en bêta — se définit comme un moteur de recherche d’images similaires, empruntant un design minimaliste vaguement googlien. Un utilisateur peut même soumettre une ébauche de dessin pour rechercher des images possédant des contours similaires.
mai
7
Napa Crash
Publié dans bibine et pinard, money | 7 commentaires
Publiez sur Facebook, Twitter, deliciousIl est environ 22h15 mercredi soir. Je reviens d’un cours de marketing vinicole que je suis ce semestre à Napa Valley College. Comme à chaque fois, je prends pour rentrer la Silverado Trail au lieu de la route 29, qui est plus encombrée, ponctuée de feux et patrouillée à mort par la CHP. La route scénique de l’est de la vallée, plus sinueuse, est cependant plus agréable, même de nuit. Je la connais par cœur, et je sais même derrière quels bosquets les flics du comté se planquent parfois pour guetter les chauffards.
Je viens seulement de dépasser Meadowood lorsque je dois freiner précipitamment. La route est devant moi bloquée par des cartons et des éclats de verre. Je vire sur le bas-côté pour dépasser les dégâts prudemment. Je continue au ralenti, puis j’hésite. Dois-je m’arrêter pour déblayer ? Bah oui. Il fait nuit et c’est un obstacle dangereux. Les usagers de la route à cette heure sont des habitués qui n’hésitent pas à avaler les virages à 70 miles à l’heure, maintenant que les touristes sont rentrés chez eux ou finissant une bouteille de chardonnay vieilli dans des fûts français dans une auberge chic de St. Helena.
Je sors de la voiture et j’assesse les dégâts. Une demi-douzaine de cartons a dû se casser la gueule d’un camion, remplis de bouteilles pas encore étiquetées. Ça sent la vinasse et les bouts de verre craquent sous mes semelles. Je ramasse les cartons que je balance dans le talus, et je donne des coups de pieds dans les bouteilles brisées pour les envoyer dans le bas-côté. Une bouteille est miraculeusement intacte. Je la ramasse et je la mets à l’abri. Je ne me serais pas arrêté pour rien.
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