On s’attendait au pire avec les previews que NBC nous assénait depuis le printemps. Je n’ai donc pas franchement été déçu. Le pilote de Trauma a pourtant le mérite d’avoir été filmé quasi-intégralement à San Francisco, du jamais vu depuis Nash Bridges. En mars dernier, une explosion spectaculaire avait même été filmée sur l’interstate 280 à l’entrée de la ville pour une séquence d’accident où un imbécile provoque un carambolage pyrotechnique en utilisant son Blackberry pendant qu’il double un camion-citerne.

Les personnages principaux de cette nouvelle série sur NBC sont des ambulanciers. Le sous-genre de la série télévisée des professionnels de l’urgence se devait apparemment de survivre la fin de ER. On n’avait pas vu autant de paramedics à la télé américaine depuis Third Watch.

Le plus cinglé d’entre eux est Reuben (le Néo-Zélandais Cliff Curtis), rescapé d’un crash d’hélicoptère un an auparavant, que n’importe quel psychologue de salon peut diagnostiquer comme ayant une pulsion de mort. “Rabbit” est un type cool, plein de sang froid et semblant sûr de lui, qui en plus conduit une Camaro SS dans les rues de North Beach comme Steve McQueen dans Bullit. Le reste des personnages est tout aussi prévisible : la forcenée qui refuse de renoncer à une réanimation, le professionnel qui au contraire garde sa distance avec les patients, la jeune pilote qui doit faire ses preuves, etc.

On a même droit à une apparition par la Première dame de San Francisco, madame Jennifer Siebel-Newsom, à qui NBC à dû gracieusement donner un petit rôle pour la consoler de l’annulation de Life.

Grosse avalanche de clichés. La trachéotomie d’urgence effectuée par un non-professionnel, par exemple. Mais ce coup-ci, on en rajoute une couche, en la filmant dans un hélicoptère en vol.

Il y a bien trop de places de parking disponibles dans North Beach dans un plan où une jeune ambulancière part au boulot. Mais ça n’est évidemment pas la seule raison pour laquelle Trauma n’est pas très crédible. Les personnages sont des stéréotypes, et, en passant, pas un seul d’entre eux n’est d’origine asiatique, une erreur typique que font la plupart des scénaristes angelinos à chaque fois qu’ils situent une série à San Francisco.

Ça sent l’annulation en cours de saison. D’autant que le budget doit être plusieurs fois celui d’un épisode de Monk. On aura pu pourtant espérer un peu mieux de la part de Peter Berg, qui nous a donné Friday Night Lights, mais le même réalisateur-producteur nous a aussi pondu les décevants The Kingdom et Hancock. C’est à se demander si FNL n’était pas un coup de bol.

Pink Slip

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Je ne l’avais pas vu venir. Ce matin, ma chef m’appelle. J’attendais le coup de fil, puisqu’elle l’avait programmé depuis deux jours sur notre calendrier. Mais je pensais qu’il s’agissait juste de notre entretien bimensuel, que cette semaine nous ferions via téléphone puisque j’étais encore convalescent cette semaine et coincé à la maison — le chirurgien m’a retiré ma vésicule biliaire la semaine dernière.

Mais surprise : ma chef est là accompagnée de sa supérieure hiérarchique, qui a récemment été promue à la tête de notre groupe, bousculant notre ancien directeur vers un poste que les professionnels américains des ressources humaines, avec leur don pour les euphémismes, qualifieraient de lateral promotion.

Le coup de fil est pour m’annoncer mon licenciement, effectif immédiatement. Une fois asséné le verdict, pendant lequel je ne pipe mot (un peu sous le choc, et préférant rester civil), mes deux supérieures se déconnectent de la conférence, et un responsable des RH prend le relais. Avec un tact poli par sans doute des années d’expérience, il détaille les conséquences techniques de mon lourdage. Pas la peine de descendre dans la vallée pour y chercher mes quelques affaires — je sens bien qu’il est en train de me conseiller fortement d’éviter de me montrer au siège, au cas peut-être où ma présence, même furtive, pourrait mettre un coup de bourdon à mes désormais ex-collègues. Un courrier viendra la semaine prochaine récupérer les deux Macs en ma possession (y compris un antique Powerbook), le disque dur externe servant à mes sauvegardes, ma Cryptocard et mon badge d’accès. Et mes possessions encore dans les bureaux me seront expédiées directement chez moi.

Une demi-heure plus tard, on frappe à ma porte. Le livreur FedEx me tend une enveloppe, qui contient mon dernier chèque. Pas d’indemnités évidemment, juste mon salaire dû, et le solde de mes congés payés et l’épargne allant chaque semestre à un achat d’actions de l’entreprise. Dans le dossier de réception de ma messagerie, une lettre détaille la justification derrière mon licenciement. Je sais qu’au cours des derniers mois, d’autres collègues ça et là ont reçu des lettres similaires, éclaircissant les rangées de notre groupe, lui aussi touché par l’économie foireuse.

Des collègues me contactent via iChat, courriel et Facebook, incrédules. Si, si. Notez bien mon adresse email perso. Si, si, ça ira. Non, je n’ai pas démissionné, j’ai bien été licencié. Viré, quoi. Bah oui.

Une heure plus tard, ma connexion au serveur de messagerie interne est coupée. Je suis presque surpris que ça ait pris si longtemps. Le soir, à minuit, mon téléphone mobile, dont la facture était payée par mon employeur, n’aura plus accès au réseau AT&T.

C’est l’heure de réviser le CV. Que je peux vous envoyer, y’a qu’à demander. En Word, RTF, HTML ou PDF, comme vous voulez. Je peux même travailler sur une version Twitter, à moins de 140 signes. Pas facile, mais désormais j’ai le temps d’y réfléchir.

Il y a un employé de l’Alliance française qui est incompétent. Ce con de compatriote a confirmé à ma douce ce matin, par téléphone, qu’elle était bien inscrite pour la classe de français pour débutants que l’Alliance française de San Francisco devait tenir le samedi après-midi.

Satisfaite de savoir qu’elle ne va donc pas faire cinq heures de route pour rien, ma petite femme prend la route ce matin pour recevoir les fruits linguistiques que 400 dollars US peuvent fournir dans les locaux de l’association de Bush Street.

Mais arrivée sur les lieux, après avoir bravé le trafic généré par la combinaison Labor Day weekend/fermeture du Bay Bridge, on l’informe que la classe en question a été annulée. Incrédulité de ma douce, qui ce matin, devant moi, s’est vue confirmer par un employé de l’Alliance française (qui, soit dit en passant, n’a pas fait preuve de beaucoup de politesse, renforçant par là le stéréotype du Français peu aimable) que la classe avait bien lieu.

« Vous avez parlé à qui ? », lui demande le responsable de l’Alliance française, lorsqu’elle lui explique qu’on lui a pourtant confirmé la classe par téléphone. « J’ignore pourquoi il vous a dit ça. »

Pourquoi ? Parce que l’interlocuteur était de toute évidence un incompétent, qui, de surplus, aurait besoin de réviser ses manières téléphoniques. Ce doit aussi être lui qui s’occupe du site web, qui continue à afficher des classes qui ont pourtant déjà été annulées.

MAJ : jeudi dernier j’ai donc appelé l’Alliance française pour demander remboursement. La personne au bout du fil s’est montrée très courtoise et a effectué la transaction immédiatement. Comme quoi tout le monde n’y est pas incompétent. Toujours pas de leçons de français pour ma petite femme donc (pas de cours du soir à proximité, ou alors ils commencent trop tôt, et rien le weekend).

Nouvelle MAJ : Pascal a contacté ma femme adorée par email, puis par courrier, pour présenter ses excuses et lui proposer une série de cours offerts par l’Alliance française en guise d’indemnité.