Plan B

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Long silence, dû à une tempête parfaite de lancements côté boulot, projets personnels qu’il faut boucler ou démarrer, bricolages urgents, jardinage pré-printanier, cours du soir, nettoyage domestique en profondeur, canards faisant la manche dans le jardin, et j’en passe.

Signe des temps, plusieurs amis viennent de perdre leur boulot. Ça fait chier.

Réserve
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Pour eux, c’est le moment de mettre en action — ou de mettre sur pied — le plan de rechange. Plan B, comme on dit ici.

L’un de mes amis fraichement licenciés faisait partie du middle management du service informatique d’une institution financière bien connue, siégeant à San Francisco. Il est de retour à l’université, du côté de Santa Barbara, et est en train de passer différents examens pour devenir flic. Un autre, qui travaillait pour un cabinet d’avocats, se retrouve sans perspectives immédiates, mais a obtenu deux entretiens. Enfin, la dernière, journaliste pour un grand quotidien san-franciscain sur le bord de la fermeture, s’est vue offrir un buyout : deux mois de salaire, et six mois d’assurance santé via COBRA. « Take the fucking money », lui dis-je, en rescapé sans illusions de la presse écrite. Car si elle n’opte pas pour le licenciement volontaire, il n’y aura ni préavis, ni indemnités, ni assurance santé. Ça sera le carton et les larmes.

Deux mois de salaire, certes, c’est que dalle, surtout lorsqu’on met ça en perspective avec les garanties offertes en France. Mais ici, c’est mieux que rien. Avec ça, elle paye deux mois de loyer, et elle peut explorer la possibilité de retourner en fac pour se former à un nouveau boulot. Parce que ne nous faisons pas d’illusions : la presse écrite est morte, ou tout du moins moribonde.

De mon côté, le plan de rechange est encore mal défini, mais il se profile doucement, même s’il tient encore du fantasme. Mais c’est une nécessité. J’ai subi suffisamment de licenciements économiques, après avoir déjà exploré deux secteurs, pour savoir qu’il faut toujours un plan B. Et un plan C. Voire un plan D.

Et vous, votre plan B, c’est quoi ?

Commentaires

11 commentaires sur “Plan B”

  1. Julien le 28 février 2009 21:46

    Le seul plan B qui tienne c’est de n’etre dependangt que de soi! …

  2. Le Piou le 28 février 2009 22:09

    Pas encore definis.
    Mais je ferais mieux de m’y mettre.

  3. Vilay le 1 mars 2009 3:28

    Je n’ai pas de plan b défini et je croise les doigts pour passer entre les gouttes. Mais je sais que personne n’est à l’abri et surtout pas en Californie où même les fonctionnaires se font licencier.

  4. StuFF mc le 1 mars 2009 5:27

    Je rejoins un peu Julien en fait… Mais c’est vrai que la “remise en question” est souvent une bonne chose. Je trouve ça cool comme idée de retourner à l’univ, mais il se pose un problème financier alors, non ? Quoi qu’il en soit moi mon plan B si il s’avère que http://pomcast.biz ne se développe pas en “société” c’est tout simplement d’être moi même un dev. Mac/iPhone, tout bêtement, and it looks good ;) Le management c’est bien, mais j’ai les doigts qui me démange d’être plus dans Xcode ;)

  5. Grégoire le 1 mars 2009 10:54

    Bonjour tout le monde!

    Pas de plan B pour moi! Je dois absolument trouver un stage à l’étranger (out of France!).

    La situation est si mauvaise à San Francisco?

    N’empêche c’est dans ces moments là où on se dit que le système Français, malgré ses nombreux défauts, n’est pas si mal…

  6. sebastien le 1 mars 2009 18:22

    il y a des secteurs qui ne connaissent pas la crise, tout ce qui touche à l’entertainment en général (dont les gens ont encore plus besoin en ces temps difficiles).
    Je taffe pour Dreamworks et ca n’arrête pas de recruter, de grossir…
    Pas plan B pour l’istant donc : )

    Au passage, excellent blog!

  7. Jean-Philippe le 1 mars 2009 23:13

    @sebastien
    “il y a des secteurs qui ne connaissent pas la crise..”

    C’est très vrai, il y a toujours un roulement en terme de job/autres (hey y a bien des maisons qui se vendent en ce moment) mais le problème c’est que en tant de crise il faut pouvoir se faire remarquer.
    Les RH croulent sous les CV de candidats locaux et autres, pas si simple, non pas si simple…

    Même si ton cœur de métier recrute, il en reste pas moins que les rangs des demandeurs d’emplois grossissent et il existe un vrai risque d’être noyé dans le bruit.

    Pour avoir une idée j’ai croisé une PME dans la vallée qui après avoir passé une annonce sur craigslist avait reçus 200 CV en moins d’une journée.

    La RH ne savait plus comment faire et n’avait jamais vu ça, ils ont retiré l’annonce en moins de 24h.

  8. ile.a.vache le 2 mars 2009 11:47

    Mon plan B : je chercherai un job au zoo de San Francisco (*).

    London Zoo

    Chicago Zoo

    (*) Il n’a pas de contrepèterie dans cette phrase.

    Bon. Pour l’instant, je passe aussi entre les gouttes.

  9. Elz le 4 mars 2009 9:23

    Le Plan B pour nous c’est de rentrer en France, comme de nombreux expats j’imagine…

  10. Mouton le 12 mars 2009 9:06

    Plan B? ben rejoindre le privé… ouais je sais c est moyen vu l ambiance actuelle. Va me falloir un plan C et D comme toi.

  11. stephane le 22 septembre 2011 23:10

    Je rejoins Elz.
    Pourquoi avoir choisi de rester, de s’accrocher à ce pays de l’”insécurité sociale”, pour d’autres motifs que la vie privée ?
    ou bien existent-il des correspondances entre ton caractère, ton mode de vie et celui de ce pays ? Peut-être te complais-tu dans l’insécurité permanente.
    ou tu ne peux plus rentrer en France (casier au grand banditisme, trafic de drogue, que sais-je ?)
    Personnellement, l’insécurité matérielle me rend malade, et si je suis rentré en France après 1 an et demi d’assistanat dans un lycée et six mois de barman en Irlande du Nord c’est bien parce que n’ayant plus de job je me voyais mal rester là-bas. Pour autant, j’ai bien déprimé au retour, et je déprime encore, mais je préfère cultiver mon amour ce de pays de loin, depuis la France ou bien en y emmenant mes élèves en voyage scolaire.
    Pourquoi te dis-tu “exilé” dans la Baie de San Francisco ? Je ne crois pas que subisses cette situation, puisque tu l’as délibérément choisie.

    Le terme d’« exilé » était pince-sans-rire. C’est un exil volontaire, sans connotation négative.
    Je n’ai pas besoin de m’« accrocher » à ce pays. Pas plus qu’on s’accroche à quelqu’un qu’on aime. Il existe clairement des correspondances entre mon caractère et mon mode de vie qui font que je me sens plus chez moi ici qu’en France. Il est clair que l’insécurité sociale est ici beaucoup plus grande. Mais c’est le prix à payer pour davantage de libertés. Et puis soyons honnête : même si j’étais célibataire, je serais trop vieux désormais pour refaire ma vie professionnelle en France. Tandis qu’ici, l’âge peut certainement aussi être un handicap (surtout dans le domaine des nouvelles technologies), mais personne ne te juge si tu veux changer de carrière à quarante ans, ou retourner en fac, ou prendre un petit boulot le weekend. En France, je ne pourrais pas travailler comme je peux le faire ici. Je n’aurais pas la même liberté.
    Et j’ai ici une qualité de vie très équivalente à ce que je pourrais trouver en France. On bouffe bien dans le nord de la Californie (du moins ceux qui en font le choix ou qui en ont les moyens). Il y a une vie culturelle, une nature superbe et sauvage, et les gens y sont généralement aussi sympathiques que dans les provinces françaises.
    Côté social et politique, il y a toujours des choses à redire, mais franchement, la France ne vaut pas mieux. Les deux pays ont de gros problèmes. Tout pesé, pour moi le choix est simple. — Arnaud

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