Apibusiness

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L’apiculture m’a toujours fasciné. Tout petit, je me rappelle que le père d’une de mes copines de classe avait des ruches, et nous donnait régulièrement du miel. J’aimais bien la tenue complète de l’apiculteur, qui évoquait pour moi celle des astronautes.

Mais il n’y a pas qu’à la campagne qu’on peut domestiquer les abeilles. Les ruchers en milieu urbain n’ont rien d’exceptionnel : il en existe ainsi un depuis un siècle et demi dans le jardin du Luxembourg, à Paris, géré par la Société centrale d’apiculture. Quand j’étais étudiant à la Sorbonne, je passais devant régulièrement, jurant à chaque fois que j’allais un jour y prendre des cours d’apiculture. Raté. À la place, je cultivais des relations sentimentales avec les attachées de presse de sénateurs de droite. C’était moins dangereux. Quoique.

Jon Rolston est un habitant de Bernal Heights, un joli quartier oublié des touristes, dans le sud de San Francisco. Matt Fisher a dressé son portrait pour Current. Jon pensait au départ élever des poules dans son jardin, mais l’idée de voir des ratons laveurs décimer son poulailler l’a vite fait changer d’avis. À la place, il a opté pour une ruche. Même s’il a obtenu l’aval des habitants au-dessus et à côté de chez lui, il n’a pas demandé leur avis à ses voisins de l’autre côté du jardin : « Je ne parle pas chinois », explique-t-il. Very San Francisco, comme le remarque SFist.

Il n’est pas trop tard pour moi si je veux adopter ce nouveau hobby. Le prix des essaims a cependant augmenté considérablement à cause de la disparition mystérieuse de milliards d’abeilles en Europe et en Amérique du nord. Une ruche complète coûte désormais pas moins de 200 à 300 dollars. Mais dans la vallée centrale, l’investissement peut être amorti en quelques semaines en la louant à des fermiers dont les champs ou vergers ont besoin d’être pollinisés, notamment les arboriculteurs cultivant des amandes, la production agricole la plus lucrative de Californie qui en février réclame près de deux ruches par hectares. La demande est si forte que le vol de ruches est devenu un vrai problème, et certains apiculteurs professionnels les équipent désormais d’émetteurs GPS et de puces RFID pour détecter ou décourager les voleurs.

Pollen Nation suit un apiculteur qui empile ses ruches sur un camion et va du Minnesota à la Californie, enquêtant sur la disparition à l’échelle sans précédent des abeilles. Le documentaire prend la forme d’un road movie qui explore ce qui se passe lorsque la pollinisation devient une denrée commerciale au niveau global.

Et le miel, me direz-vous ? Pour les professionnels louant leurs ruches aux producteurs d’amandes, c’est raté : le nectar résultant de la pollinisation des amandiers est immangeable car incroyablement amer. Et de toutes façons, même si le miel est produit par des abeilles butinant d’autres types de fleurs, le cours des prix du produit a baissé de façon spectaculaire au cours des dernières années, les Chinois et les Argentins ayant inondé le marché. En bon consommateur citoyen, je mets un point d’honneur à acheter mon miel à des apiculteurs locaux (et il faut faire attention : un marchand d’Oakland vend ainsi du miel importé de Chine, une origine qui n’est que discrètement mentionnée sur l’étiquette). Mais du coup, je me demande sérieusement si je ne vais pas me mettre à l’apiculture. Je n’ai pas la place chez moi, mais je peux toujours sonder les fermiers du coin pour voir s’ils accepteraient de me laisser installer une ruche sur leurs terres : tout le monde serait gagnant. Ils verraient leurs champs ou vergers pollinisés gratuitement, et j’aurais ainsi mon propre miel. Et pour les voleurs, j’ai déjà la spycam. Et le fusil.

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Commentaires

5 commentaires sur “Apibusiness”

  1. Le Piou le 2 avril 2008 14:20

    C’est marrant. A 9 ans je recoltais deja le miel avec mon “tonton”. J’adorais ca. a 11 ans, j’utilisais deja plus de protection: le contact des abeilels endormis sur la peau et son quand on ouvrait les ruches… Priceless.
    J’ai lu un papier dans le Chronicles le mois dernier sur les apiculteurs du dimanche (au sens noble) c’etait passionant. J’adorai m’y mettre et puis c’est super pedagogique pour les enfants (quand je vois le nombre de nzaes qui savent meme pas faire la difference entre une guepe et une abeille et/ou qui on peur de se faire piquer par une abeille, ca fait peur)

  2. Le Piou le 2 avril 2008 14:34

    Si tu en prends une, promis, je fais la recolte avec toi !

    Merci, je garde ça en tête ! Je vais explorer mes options. Pas la place ni l’ensoleillement nécessaire dans dans le petit backyard chez nous, mais je vais voir si je peux trouver un coin ailleurs. — Arnaud

  3. C'est Raoul le 3 avril 2008 10:18

    Que de beaux souvenirs…

    Surtout quand je pense aux bitures au chouchen (hydromel)…

    Raouuuuuuul

  4. Eric le 11 avril 2008 7:51

    Si tu te lances dans ce hobby, (qui ne manque pas de piquant ; pardon), j’aurai le plaisir de te commander du miel ! Enfin pour autant que tu en mettes sur le marché.

    Idée sympathique quoi qu’il en soit.

  5. juliend le 9 février 2010 1:24

    Bonjour !
    oui c’est une belle passion l’apiculture !
    N’hésitez pas à venir nous partager vos expériences, vos connaissances sur :
    http://www.savoirtoutfaire.com/apiculture/
    Vous-même, avez-vous un site dédié à ce sujet ?

    A bientôt !
    Julien

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