Le vocabulaire américain est riche d’idiomes dont l’origine remonte à l’époque du Wild West, à commencer par le mot dude, un californianisme désignant à l’origine un citadin venant passer des vacances dans un ranch de l’ouest. Nombre de ces expressions sont utilisées couramment, mais étant rarement enseignées aux étudiants de la langue, elles peuvent être un rien déroutantes pour le nouvel arrivé. En voici quelques-unes.

Be off the reservation
Littéralement : (pour un Indien) être en dehors de sa réserve. Dans le langage courant : être un peu dérangé, ou avoir un accès de folie. On dit parfois aussi going off the reservation. Les Amérindiens, cantonnés par le gouvernement américain à une réserve, étaient souvent réticents à quitter le territoire, de peur de représailles ou ne voulant pas se mêler à la société de l’Homme blanc. S’aventurer en dehors des terres indiennes équivalait souvent à un acte de folie.

Rodeo
Sur le point de goûter la poussière.
Photo : saracino. Licence Creative Commons.

Biting the dust
Littéralement : mordre la poussière. Dans le langage courant : pareil. L’expression est née de la pratique du rodéo, où elle a de nombreux équivalents.

Circling the wagons
Littéralement : former un cercle avec les wagons d’une caravane pour se protéger contre une attaque éventuelle. Dans le langage courant : resserrer les rangs pour faire face à l’adversité.

Gone south
Littéralement : parti au sud, en fait une métaphore pour la mort. Dans le langage courant : mort, hors service, irrécupérable. Les Amérindiens avaient de nombreuses expressions poétiques pour désigner la mort, en fait un voyage vers l’au-delà. Going south était l’une d’entre elle.

Falling off the wagon
Littéralement : tomber du chariot. Dans le langage courant : se remettre à boire (ou par extension retomber dans la dépendance d’une drogue) après une période de sobriété ou de désintoxication.

Gold digger
Littéralement : un chercheur d’or. Dans le langage courant : une femme intéressée. Ceux qui travaillaient dans une dotcom du temps de la Bulle se rappellent ces jeunes femmes qui, juste après s’être présentées lors d’une rencontre au comptoir d’un bar de Palo Alto n’hésitaient pas à poser la question au prétendant éventuel : « Et tu travailles où ? » Certaines d’entre elles pouvaient réciter les cours du jour des actions Yahoo! ou eBay, et jauger d’un coup d’œil la valeur du portefeuille des hommes qu’elles croisaient. Des ingénieurs informaticiens sachant à peine lacer leurs chaussures mais ayant intégré les rangs de startups pré-IPO ont pu ainsi s’offrir de jolies femmes qui n’auraient autrement jamais posé leur regard sur ces geeks socialement ineptes.

Gunslinger
Accueil chaleureux en perspective.
Photo : eb78. Licence Creative Commons.

Gun shy
Littéralement : avoir peur d’utiliser son arme. Dans le langage courant : être réticent ou hésitant à faire quelque chose après une mauvaise expérience ou un échec.

Hired gun
Littéralement : un mercenaire. Dans le langage courant : un consultant. Bon, je déconne. Mais pas vraiment. Hired gun est une expression souvent utilisée dans les affaires pour désigner une personne extérieure à l’organisation qui est engagée pour étudier, faire respecter ou appliquer la stratégie de son employeur. Dans le même champ sémantique, gunning for someone (ou something) signifie aller au combat pour le compte de quelqu’un ou au nom de quelque chose, ou être à la solde de quelqu’un ou d’une cause.

Hitting paydirt
Littéralement : trouver de l’or. Dans le language courant : mettre dans le mille, faire une opération lucrative.

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Lolcat

Moutarde dans les vignes
Fleurs de moutarde dans les vignes de la vallée de Napa. Photo : ah zut. Licence Creative Commons.

Vivre dans Wine Country a ses avantages, surtout, paradoxalement, l’hiver. Les touristes boudent les comtés au nord de Marin et Solano pendant la basse saison, alors qu’il s’agit certainement d’un des meilleurs moments pour visiter ces régions viticoles. L’hébergement y est bien meilleur marché, les routes et les salles de dégustation bien moins encombrées, et, surtout, le paysage prend des couleurs différentes mais tout aussi belles que pendant le reste de l’année. Dans le nord de la vallée de Napa, les vignes sont envahies de fleurs jaunes de moutarde sauvage, et les lumières des fêtes de fin d’année éclairent les domaines et les façades des rues des villages le long de la route 29.

Samedi, nous avons donc fait une petite virée dans la vallée voisine de Napa, de l’autre côté des monts Mayacamas. J’ai la semaine dernière dépensé mes deniers gagnés à la sueur de mon front en bonnes bouteilles et cadeaux divers, donc je me sens d’humeur pingre, mais néanmoins vinophile. J’ai repéré deux domaines sur la route de notre destination qui offrent des dégustations gratuites. Dans la vallée de Napa, en effet, et contrairement aux comtés voisins de Sonoma, Mendocino et Lake, les dégustations sont pour la plupart payantes, allant de 10 à 40 dollars par personne, incluant parfois une visite du domaine, et pour un nombre de vins variable.

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Bottle Shock
Alain Rickman et Dennis Farina en tournage à Sonoma en septembre dernier. Photo : wigglesmcgiggles. Tous droits réservés.

• L’un des tournants de l’histoire du vin californien sera compté sur les écrans l’année prochaine. Le tournage de Bottle Shock, réalisé par Randall Miller, s’est terminé il y a peu, et cette comédie dramatique fera partie de la sélection 2008 présentée à Sundance le mois prochain. Le film, tourné à Sonoma et dans ses environs, retrace l’ascension des vins californiens jusqu’au « Jugement de Paris », la dégustation de vin à l’aveugle qui eut lieu en 1976 et au cours de laquelle des experts français classèrent des vins californiens devant des bordeaux et des bourgognes blancs prestigieux, croyant dans certains cas qu’ils avaient attribué les meilleures notes aux vins français. La presse française de l’époque ignora honteusement l’affaire ou préféra en rire. Alan Rickman jouera le rôle de Stephen Spurrier, le marchand de vin britannique qui organisa la dégustation. À l’affiche également, Danny De Vito (incarnant Mike Grgich), Eliza Dushku (qui sera l’héroïne de la nouvelle série signée Josh Whedon), Freddy Rodríguez (Six Feet Under, Planet Terror) et Bill Pullman dans la peau du viticulteur Jim Barrett de Chateau Montelena. Spurrier, qui travaillait sur un projet concurrent, est furieux et accuse les créateurs de Bottle Shock d’avoir ré-inventé l’histoire de toutes pièces. Voilà un film qui va faire grincer des dents du côté des viticulteurs et des médias français.

• Il n’y a pas que les stars d’Hollywood qui s’offrent des mariages princiers. D’après Valleywag, le co-fondateur de Google Larry Page doit épouser aujourd’hui sa fiancée Lucy Southworth, une étudiante en doctorat à Stanford, sur une île de l’archipel des Virgin Islands appartenant au milliardaire Richard Branson (patron et fondateur de Virgin, get it?). Le fringant maire de San Francisco Gavin Newsom fait partie des invités. A-t-il amené comme date sa dernière petite amie en date, Jennifer Siebel, qu’on peut voir actuellement dans la série Life sur NBC ? Après tout, sa liaison avec l’actrice est en passe de battre un record de durée depuis son divorce. Al Gore n’a pas pu venir : il avait une médaille à récupérer du côté d’Oslo.

Ted Breaux
Le Néo-Orléanais Ted Breaux goûte sa dernière absinthe, la Lucid, à la distillerie Combier de Saumur. Photo : Steve-SF. Licence Creative Commons.

• Plus besoin d’importer discrètement votre absinthe si vous vivez aux États-Unis. La prohibition surannée sur la liqueur a été levée en mai dernier grâce aux efforts en lobbying da la Suisse Kübler, désormais disponible chez BevMo et chez tous les bons cavistes. Dans la foulée, la Lucid a été lancée au niveau national, une absinthe sans thuyone mise au point par Ted Breaux, le chimiste louisianais qui a réinventé la fée verte avec notamment sa Nouvelle-Orléans, distillée chez Combier, en France. Mais c’est la distillerie St. George Spirits d’Alameda, à qui on doit déjà la vodka Hangar One et les liqueurs Aqua Perfecta, qui a véritablement eu les honneurs des médias de la côte ouest, puisqu’elle est devenue le premier établissement américain à produire légalement une absinthe. La première bouteille, vendue aux alentours de 75 dollars, a été écoulée le 3 décembre. La production est pour l’instant très limitée, et la distribution se fera au compte-goutte.

• Vince Vaughn serait-il un pro du largage ? Il tourne actuellement avec Reese Witherspoon une comédie à San Francisco, Four Christmases, ayant pour thème un divorce.

• Cinéma toujours : le casting reste ouvert pour The Harvey Milk Project, le nouveau film de Gus Van Sant où Sean Penn jouera le rôle du superviseur municipal homosexuel assassiné avec le maire George Moscone en 1978. Attention toutefois, femmes s’abstenir : hommes d’entre 18 et 30 ans seulement. Le port de la moustache seventies aidera sûrement, il est vrai toujours restée de bon aloi dans certains clubs du Castro et dans les casernes de pompiers. Penn a par ailleurs annoncé son soutien pour le candidat démocrate à la présidence Dennis Kucinich vendredi dernier à San Francisco State University, s’attirant la rage du militant républicain local (comme quoi il y a des conservateurs partout, même sur les campus universitaires san-franciscains).

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Chats
Rainy Day. Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.