Thanksgiving est aux Américains ce que les réveillons de Noël et du Nouvel An sont aux Français : l’occasion de tous les excès gastronomiques.

Chez nous, ce Thanksgiving, comme chez les Piou, on reçoit. La dinde sera cuite au four, la farce sera relativement traditionnelle, et les seules dérives en matière culinaire seront quelques châtaignes grillées dans une poêle trouée sur le petit grill dans le jardin et l’ajout de compote de pommes dans les ingrédients de la tarte à la citrouille.

Thanksgiving, c’est donc l’occasion pour les cuisiniers amateurs de montrer leur savoir-faire. Les recettes de dinde sont innombrables et souvent surprenantes.

Dinde au barbecue
Dinde cuisinée dans un barbecue de type BGE. Photo : bbum. Licence Creative Commons.

Dinde au barbecue : s’il existe bien une tradition culinaire typiquement américaine, c’est celle du barbecue. Les Américains, notamment dans le Midwest et le Sud, rivalisent de talent pour griller les meilleures côtes de porc ou les parfaites saucisses. Les puristes du charbon de bois dédaignent les adeptes du gaz naturel, on se chamaille sur les recettes de sauce, et certains jurent par leur BGE, un grill multiniveaux en céramique. Il est donc logique que certains cuisiniers — l’emploi du masculin n’est pas un hasard, car le barbecue est une affaire d’hommes — utilisent leur outil culinaire favori pour rôtir la dinde. L’exercice est périlleux et nécessite de l’expérience, car les plus petites dindes font en général au moins 7 kilos, et doivent être cuites de façon égale à l’intérieur et à l’extérieur.

Dinde frite
Dinde frite, dans la grande tradition sudiste. Photo : The Opus. Licence Creative Commons.

Deep-fried turkey : une autre tradition du Sud est celle de la friture. La dinde frite se fait elle aussi à l’extérieur, nécessite une marmite suffisamment large, une bonne quantité d’huile, un extincteur et un savoir-faire évident. Grosso modo, les experts estiment que la dinde doit être laissé à frire 3 minutes par livre, ce qui signifie environ une heure pour une dinde de dix kilos — un gain de temps considérable par rapport au four.

Tofurkey
Le tofurkey, abomination culinaire. Photo : Tom Higgins. Licence Creative Commons.

Tofurkey : le tofurkey est l’une de ces abominations culinaires dont savent nous gratifier les végétariens et leurs cousins fascistes, les végétaliens. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un composé à base de tofou, destiné à remplacer la viande de dinde dans un repas typique de Thanksgiving, histoire d’épargner un oiseau stupide et délicieux.

Beer can turkey
Beer butt turkey à la Forster’s. Photo : bbum. Licence Creative Commons.

La dinde à la cannette de bière : à l’origine inventée pour cuisiner un poulet, cette recette a été adaptée pour la dinde. Grosso modo, prenez une dinde, prenez une cannette de bière blonde, videz-la à moitié, ajoutez des herbes au breuvage, asseyez la dinde sur la cannette, et grillez le tout. Le beer butt turkey connaît une popularité grandissante.

Turducken
Géologie de la volaille. Photo : njvack. Licence Creative Commons.

Turducken : apparemment, quelqu’un a un jour trouvé que farcir et cuisiner une dinde de 15 kilos était trop simple. Pourquoi donc ne pas insérer un canard à l’intérieur de la dinde ? Et tant qu’on y est, insérons un poulet à l’intérieur du canard. Le résultat ? Un oiseau et un mot valise, le turducken (turkey-duck-chicken). Cette débauche sodomite de volaille est originaire du Sud, et nécessite un gros travail de désossement pour le poulet et le canard, généralement effectué par le boucher. Une variante consiste à inverser le canard et le poulet, suivant la taille des volailles, ou à ajouter une caille dans le turducken. Une variante encore plus extrême, apparemment originaire d’Afrique du Sud, l’osturducken, consiste à introduire un turducken dans une autruche. D’autres recettes font intervenir une oie ou un faisant. Alors évidemment, j’en entends ricaner et se moquer des excès culinaires des Amerloques, mais sachez que l’ancêtre de ce concept est français : le rôti sans pareil est une recette du XIXe siècle faisant appel à pas moins de dix-sept oiseaux, que certains attribuent aux Romains.

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Commentaires

4 commentaires sur “Thanksgiving : pas de merci pour la volaille”

  1. Le Piou le 21 novembre 2007 23:30

    Happy Thanksgiving!

  2. Julien le 23 novembre 2007 11:07

    Aie… notre integration est encore loin d’etre finie : on a mange du poisson hier!

  3. geneline le 23 novembre 2007 16:49

    Je n’ai jamais connu qu’un type de Thanksgiving, dinde au four, broccoli, mashed potatoes et pumpkin pie, même en changeant de famille. Un peu monotone, mais quand je vois à quoi on a échappé,je ne regrette rien!.. Merci de cette étude sociologique de la dinde..

  4. Dolce le 26 novembre 2007 8:16

    Le turducken me donne moyennement envie personnellement…
    On a echappe a la cuisson de la bestiole cette annee et j’avoue que quand je n’en mange pas pendant 3 semaines, j’aime assez !

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