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sep
28

Photo : tomefran. Tous droits réservés.Belle démonstration de l’abîme qui sépare les cultures française et américaine : dans le courrier des lecteurs de Télérama, cité dans la revue de presse de France Inter ce mercredi, une Evelyne raille les déclarations du locataire de l’Élysée, où elle voit une contradiction évidente. « Président Sarko dit : “je veux que les Français, même les plus modestes, deviennent propriétaires de leur habitation”. Bon. Puis, plus tard, à propos de l’emploi, devant le MEDEF; président Sarko dit : “Il faut encourager la mobilité géographique”. Pourquoi pas ? Mais alors les Français devront s’acheter des caravanes. »
Les Français, en effet, n’achètent pour la plupart qu’une seule résidence principale au cours de leur vie. Les Américains, en revanche, achètent dès qu’ils en ont les moyens (ou même s’il ne les ont pas, comme en atteste la crise du marché du crédit, étranglé par le segment des hypothèques à risque), qu’il revendent si une opportunité se présente ailleurs, même s’ils sont très loin d’avoir entièrement remboursé leur prêt. En Silicon Valley, il n’est pas rare de croiser des couples trentenaires qui en sont déjà à leur troisième maison, sans pour autant avoir changé de comté. Le cycle traditionnel est le suivant : on achète une première maison (starter home), généralement modeste, puis les enfants arrivent, et on revend pour acheter plus grand, et ainsi de suite jusqu’à la retraite, où on revend pour une résidence moins spacieuse mais confortable, et le surplus (s’il existe) va à l’acquisition d’une résidence secondaire en Floride ou au Costa Rica, bateau de pêche facultatif.
Alors certes, le marché immobilier a considérablement ralenti aux États-Unis (souvent très sévèrement dans des coins de Floride, du Nevada ou de l’Arizona, ou l’inventaire de propriétés en vente a atteint des proportions déraisonnables), handicapant particulièrement la mobilité géographique des propriétaires de classes modestes ou moyennes qui ont acheté leur maison au cours des dernières années (le taux de revente est actuellement à son plus bas depuis 5 ans). Malgré tout, la fiscalité immobilière est souvent un peu plus avantageuse de ce côté-ci de l’Atlantique.
Voilà pourquoi il est curieux, vu d’ici, de voir une contradiction entre davantage de propriétaires et une plus grande mobilité géographique.
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1 commentaire sur “Immobilisme immobilier”
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Ici les gens s’achetent des maisons pour des raisons fiscales avant tout… Au final, ils se considerent “locataires” -au sens temporaire- de leur maison. Et effectivement, ils suivent tous le meme cycle : premier appart riquiqui… puis, au fil des augmentations de salaire, on revend, pour racheter plus grand. On gagne une pièce tous les 8 ans, en moyenne -d’apres un collegue!-, et on reste toute sa vie professionnelle avec des crédits sur 25 ans!