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avr
30
Vidéo : analyse du vote du premier tour à San Francisco
Publié dans blog, podcasts, politix | 1 commentaire
Publiez sur Facebook, Twitter, deliciousTout d’abord, à savoir : le consulat de San Francisco a amélioré son dispositif pour le second tour, puisqu’à San Francisco il y aura samedi 5 mai trois urnes, et deux à Sunnyvale. Plus d’excuses donc pour ne pas venir voter sous prétexte que la queue est trop longue. Et si le temps menace, apportez un parapluie et un iPod pour écouter votre musique et vos podcasts préférés.
Le consulat a publié en début de semaine les résultats du dépouillement dans la circonscription. Pour commencer, une correction : il semble qu’une erreur ait été faite, et qu’il n’y ait pas 17 000 inscrits sur la liste électorale du consulat, mais seulement 12 000. Ca reste toutefois une augmentation significative en deux ans par rapport aux 8 648 lors du référedum de 2005.
Télécharger la vidéo :
MPEG-4 H.264, compatible iPod et Apple TV (37,7 Mo, avec commentaire audio)
DivX & MP3 pour ceux qui n’ont ni Quicktime ni iTunes (49 Mo).
PDF (2,8 Mo, Acrobat Reader nécessaire)Première observation : le taux de participation dans la circonscription consulaire a été de presque 31%. C’est peu par rapport à la moyenne nationale de plus de 83% et c’est moins que les 40% de l’ensemble des Français de l’étranger, mais ça reste un record pour le consulat.
Il semble qu’à San Francisco, certains Français, arrivés seulement dans l’après-midi, aient été découragés par la longueur de l’attente — plus de deux heures pour certains — et par la pluie qui a commencé à tomber en début d’après-midi. Ils ne sont pourtant censés voter pour leur président qu’une fois tous les cinq ans, mais apparemment c’était trop demander. Il est aussi possible que quelques distraits aient oublié que le jour du vote était pour eux le samedi et non le dimanche.
Les Français de Silicon Valley ont fait un peu mieux en terme de participation, puisque près de 40% des inscrits se sont déplacés pour voter samedi.
avr
26
La cave se rebiffe
Publié dans tek, bibine et pinard | 1 commentaire
Publiez sur Facebook, Twitter, deliciousAtherton, l’enclave à milliardaires située entre Menlo Park et Redwood City (cette ville de quelque 7000 habitants ne compte aucun commerce mais héberge notamment le financier Charles Schwab, le CEO de Google Eric Schmidt et le patron de TechCrunch Mike Arrington, et Larry Ellison y a une propriété à vendre pour 16 millions), était en janvier dernier le théâtre du casse du siècle en matière d’œnophilie : 450 bouteilles de vin rare et hors de prix avaient été dérobées de la cave d’un collectionneur, notamment un magnum de Pétrus 1959, estimé à 11 000 dollars. Seules les bouteilles les plus chères et précieuses avaient disparu, pour la majorité des bordeaux rares, un butin de plus d’une moitié de million de dollars, sans trace d’infraction. L’enquête de la police municipale arrivait cependant vite à une impasse.

Un magnum de Pétrus 1959, volé à Atherton en janvier dernier, reste introuvable.Jusqu’au début de ce mois-ci, lorsque plusieurs bouteilles récemment stockées dans la même cave commencent elle aussi à disparaître mystérieusement. La police repart alors de zéro dans son investigation. Très vite, les enquêteurs soupçonnent la femme de ménage, une cinquantenaire d’origine chinoise, lorsqu’ils découvrent qu’elle a été précédemment impliquée dans un vol, et que son petit ami, Xiao Yan Xiang, âgé de 52 ans, a lui aussi un casier judiciaire plus que douteux.
La police installe alors une caméra dans la cave qui capture le visage de ce dernier tentant de la désinstaller. Le voleur est arrêté avec sa complice dans les jours qui suivent. Une bonne partie du vin dérobé par la paire en janvier dernier reste cependant au large. Si vous croisez donc un pomerol vieux de quelques décennies vendu sous le manteau à un prix défiant toute concurrence, il y a des chances que son propriétaire soit l’œnophile d’Atherton.
Évidemment, même s’il existe des institutions spécialisées dans l’assurance de collections de vin, le vol de bouteilles reste problématique. Pas de numéros de série pour les identifier individuellement ni de registre national ou international pour les répertorier par propriétaire. La revente de vin volé se fait beaucoup plus facilement que le recel de joaillerie ou d’antiquités.
Une entreprise italienne spécialisée dans la technologie de radio-identification a peut-être une solution, mais qui n’est applicable qu’aux nouvelles bouteilles : l’utilisation de bouchons synthétiques équipés d’une radio-étiquette (RFID). Lab ID a mis au point il y a déjà un peu plus de deux ans la SmartCorq, un bouchon intelligent permettant de coder chaque bouteille avec des informations détaillées, lisibles via un lecteur RFID ou à terme un téléphone mobile compatible avec la technologie Communication en champ proche (NFC). Le système permet ainsi la gestion électronique de l’inventaire à la bouteille près, ce qui aiderait à retrouver le propriétaire légitime de chaque bouteille équippée de la puce. La technologie a été mise au point en collaboration avec le viticulteur italien Arnaldo-Caprai, qui l’a inaugurée avec le millésime 2001 de son Contemporare, un sangiovese de Montefalco.

La SmartCorq de Lab ID encapsule une radio-étiquette, permettant de stocker des informations relatives à chaque bouteille.De nombreux grands distributeurs ont déjà commencé en Europe et aux États-Unis à utiliser les radio-étiquettes de façon systématique pour leur inventaire. Évidemment, une puce RFID peut déjà être apposée à une bouteille individuellement, par exemple sous l’étiquette, mais il reste facile de l’enlever ou de la remplacer. Une radio-étiquette à l’intérieur du bouchon, cependant, serait impossible à remplacer sans retirer ce dernier. Et s’il est facile de griller une puce RFID avec un court séjour dans un four à micro-ondes, ce genre de manipulation ruinerait à coup sûr le vin contenu dans la bouteille.
Évidemment, l’adoption de cette technologie signifie également celle du bouchon synthétique, auquel les viticulteurs français se sont montrés les plus réticents. Alors que 70% du vin produit dans le monde est désormais embouteillé de cette façon, la grande majorité des producteurs hexagonaux, notamment ceux d’AOC, continuent à dédaigner les bouchons synthétiques que nombre de viticulteurs sud-africains, australiens ou californiens ont déjà adoptés, choisissant même parfois des couleurs vives ou pastels pour personnaliser leurs bouteilles. On trouve ça et là quelques vins français embouchonnés au synthétique, mais il s’agit en général de petits vins de pays ou de vins à consommer jeune, alors que les grands crus des appellations les plus prestigieuses, celles qui justement sont plus logiquement la cible des voleurs, continuent à utiliser le liège portugais dans leur immense majorité.
avr
22
Circonscription de San Francisco : résultats du premier tour
Publié dans blog, politix | 5 commentaires
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La queue devant le consulat de San Francisco, le 21 avril 2007 : certains électeurs ont dû patienter plus de deux heures pour voter. Photo : Arnaud H.2066 Français ont hier voté au bureau de vote de San Francisco selon le consulat. La queue le long de Bush Street (et se prolongeant sur Stockton) était longue. Près de deux heures d’attente pour certains, mais le bureau de vote était ouvert jusqu’à 20 heures. Ceux arrivés après une heure de l’après-midi ont dû endurer la pluie, mais les parents accompagnés de jeunes enfants avaient la priorité.
Nicolas Sarkozy y a reçu 39,08% des voix, suivi de Ségolène Royal avec 30,73%. François Bayrou est le troisième homme avec 21,75%. Jean-Marie Le Pen n’a recueilli que 43 voix, soit 2,09%. Dominique Voynet a fait un score de 3,40% avec 70 votes. Frédéric Nihous et Gérard Schhivardi n’ont eux reçu aucun bulletin à leur nom. L’abstentionisme, même si il y était en recul par rapport aux suffrages précédents, a tout de même été de plus de 72%, certains électeurs ayant été apparemment découragés par l’attente et la pluie.
À Sunnyvale, près de San José, la queue était longue là-bas aussi, mais le bureau de vote du sud de la Baie a enregistré le meilleur taux de participation, avoisinant les 40%. 1036 votants s’y sont déplacés sur 2636 inscrits. On a voté un peu plus à droite en Silicon Valley, puisque Sarkozy y a fait 42,83%, Bayrou 24,9% et Sélogène Royal seulement 25%.
Le bureau de vote d’Honolulu a vu 65 votants sur 390 inscrits, celui de Portland 149 sur 547, et à Seattle 444 électeurs ont mis leur enveloppe dans l’urne, sur 1232 inscrits.
Une courte vidéo commentée d’une analyse sera publiée d’ici peu.
Les résultats à San Francisco sur le site de Julien.
Le billet de Tomate farcie sur l’événement électoral à San Francisco.avr
21
Les sondages censurés en France : Sarko et Ségo en tête, mais de peu
Publié dans blog, politix | 3 commentaires
Publiez sur Facebook, Twitter, deliciousDéjà en 2002, le Web avait rendu obsolète la législation sur l’interdiction de publication des sondages dans l’Hexagone 24 heures avant une élection — une situation qu’en ex-journaliste j’ai toujours trouvée étrange, puisque lorsque je vivais de ma plume, j’avais accès à ces chiffres ainsi qu’à ceux des Renseignements généraux via quelques contacts discrets (car oui, les flics de l’Intérieur font eux aussi leurs sondages).
Cela dit, les Français vivant à proximité de la Suisse ou de la Belgique ont toujours pu se procurer les chiffres des sondages post-interdiction en franchissant simplement la frontière pour y acheter les quotidiens étrangers.
Le Soir publie ainsi trois sondages que les médias français ne publieront donc pas, dont les chiffres ont été communiqués samedi à un petit cercle de privilégiés, mais qui sont désormais accessibles par n’importe quel Français ayant accès à l’Internet :
Nicolas Sarkozy
Ségolène Royal
François Bayrou
Jean-Marie Le PenIFOP
26
23
20,5
12BVA
29
23
17
12,5CSA
26,5
25,5
16
16,5
Autre chiffre intéressant, le chiffre des électeurs certains de voter pour François Bayrou a explosé en seulement deux jours, passant de 39 à 61%. Il obtiendrait notamment de nombreux votes chez les indécis, les jeunes de banlieues et les nouveaux inscrits.avr
20
1988-2005 : le vote des Français de San Francisco
Publié dans blog, podcasts, politix | 6 commentaires
Publiez sur Facebook, Twitter, deliciousDemain samedi 21 avril, les Français inscrits sur les listes électorales consulaires seront attendus dans les bureaux de vote de l’étranger. C’est la première nouveauté : les électeurs de l’étranger voteront le samedi aux deux tours, avant la métropole. Ils donneront le ton lorsque leurs résultats seront transmis au Quai d’Orsay, qui fera ensuite suivre au ministère de l’Intérieur.
À San Francisco, ils sont environ 17 000 inscrits, soit le double par rapport au référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Du coup, le consulat de San Francisco, dont la circonscription s’étend à la Californie du Nord mais aussi au nord du Nevada, à l’Utah, à l’Idaho, au Montana, à l’Oregon, à l’Utah, à l’État de Washington, au Wyoming, à l’Alaska, à Hawaii et aux territoires de Guam et Samoa, a pour la première fois ouvert des bureaux de vote en dehors de San Francisco : à Sunnyvale, en Silicon Valley, mais aussi à Portland, Seattle et Honolulu.
Télécharger la présentation :
MPEG-4 H.264, compatible iPod et Apple TV (avec commentaire audio)
DivX & MP3 pour ceux qui n’ont ni Quicktime ni iTunes.
PDF (3 Mo, Acrobat Reader nécessaire)Ensuite, tous les Français vivant dans cette région des Etats-Unis ne sont pas nécessairement inscrits sur les listes consulaires. Les chiffres ci-dessous ne sont donc représentatifs que des suffrages exprimés par les électeurs, et non des Français du nord-ouest américain en général.
Le nombre d’expatriés inscrits sur la liste électorale du consulat de San Francisco a considérablement augmenté au cours des deux dernières décennies, et plus particulièrement au cours des deux dernières années. A l’élection présidentelle de 2002, on comptait 7819 inscrits, dont seulement un peu plus de 1800 avaient voté. Au référendum sur la Constitution européenne de 2005, le nombre augmenta légèrement avec 8648 inscrits, dont seulement alors 1658 avaient daigné voter. On parlera des résultats un peu plus loin.
Mais ce qui est remarquable ici, c’est l’explosion récente du nombre d’inscrits au consulat, qui atteint désormais 17 000 électeurs. On a beau parler de la fuite des jeunes diplômés ou des entrepreneurs vers Silicon Valley ces dernières années, ça n’explique pas complètement ce bond. En fait, il est probable que comme les Français de la métropole, les expatriés s’intéressent de près à cette élection, et ceux du nord-ouest américain n’y font pas exception.
Pour les élections et suffrages qui suivent, on va comparer le vote des Français en général à celui des Français votant au consulat de San Francisco. Ci-dessus, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 1995. On y apprend plusieurs choses, qui s’affirmeront dans les résultats suivants.
D’abord, les candidats extrémistes font en général un score très médiocre et largement inférieur à l’ensemble des électeurs français dans la circonscription consulaire de San Francisco. L’extrême droite (on y inclut ici Philippe de Villiers), qui a recueilli environ 20% des voix des Français au premier tour, ne recueille à San Francisco que 4,6%. L’extrême gauche fait également un score médiocre chez les expatriés du consulat, puisqu’elle n’y reçoit qu’à peine 4% des voix en 1995, contre presque 14% au niveau national.
Édouard Balladur, le candidat dissident de la droite républicaine qui reçoit alors la plupart des voix allant traditionnellement au centre droite, fait à San Francisco un score presque similaire à ses résultats au niveau national.Les extrémistes recueillent donc peu de voix à San Francisco, mais en revanche les écologistes y font un score tout à fait honorable de presque 6% avec Dominique Voynet. Vu la culture de la côte ouest des États-Unis dans le domaine de l’environnement, ça n’est finalement pas surprenant.
Au second tour de l’élection présidentielle, la France vote Jacques Chirac à presque 53%, mais c’est la tendance inverse à San Francisco, où c’est Lionel Jospin qui obtient la majorité. Il semble qu’il y ait eu un report de certaines voix balladuriennes sur le candidat socialiste.
La population française du nord-ouest des États-Unis, en 1995, c’est celle d’avant le boom de l’Internet, qui est alors encore en gestation. Il y a évidemment déjà des Français travaillant dans les hautes technologies dans la région, mais il y a aussi les enseignants et les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie. N’oublions pas non plus qu’il n’y a alors qu’environ 1000 suffrages exprimés à San Francisco pour cette élection, et un taux de participation inférieur à 25%.
2002, l’année des 16 candidats. Ce premier tour confirme ce qu’on avait appris au premier tour de 1995 : les Français du consulat San Francisco ne votent guère pour les extrêmes, même si Jean-Marie Le Pen améliore son score avec presque 5% des suffrages exprimés — on reste tout de même loin des 16,8% qu’il a engrangés au niveau national et qui vont lui permettre d’aller au second tour.
Les Verts améliorent leur score avec 6%. Là encore, c’est mieux qu’au niveau national. L’extrême gauche est à nouveau ignorée par la quasi-majorité des électeurs de la circonscription, alors qu’elle fait à nouveau un carton au niveau national avec presque 14% des voix. Son score médiocre à San Francisco n’a rien de très étonnant, car finalement l’immense majorité des expatriés du nord-ouest américain ne se reconnaissent pas franchement dans la gauche de tradition marxiste et anti-libérale. Les Français expatriés de gauche préfèrent voter utile pour Lionel Jospin, le candidat du Parti socialiste.
Ce dernier recueille aussi les votes des expatriés qui, dès 11 heures ce dimanche-là, apprennent le score de Le Pen, et tentent de renverser la tendance nationale en votant pour le candidat socialiste afin d’empêcher le chef du Front national d’atteindre le second tour.
Alain Madelin, en revanche, fait un score remarquable avec presque 10% des voix exprimées, contre à peine 4 au niveau national. Là encore, c’est vraisemblablement attribuable à son programme libéral, qui résone avec certains des entrepreneurs et des jeunes diplômés fraichement arrivés sur la côte ouest.
Au second tour de 2002, Le Pen crée la surprise, profitant de l’éclatement des voix à droite et à gauche. Au niveau national, le candidat du Front national engrange tout de même 17,79%, faisant le plein des voix de l’extrême droite et des mécontents. Mais à San Francisco, il recueille seulement 4,69% des voix, ce qui est moins encore que son score du premier tour au même bureau, sans doute l’effet de la mobilisation de certains expatriés n’ayant pas voté au premier tour, puisqu’on observe une hausse de 24% du taux de participation.
Le graphique comparatif ci-dessus est lui aussi intéressant car il démontre de façon flagrante que les Français de San Francisco voient l’Europe politique d’une façon très différente par rapport à l’ensemble de leurs compatriotes. Alors que presque 55% des électeurs rejettent le traité au niveau national, seulement un peu plus de 12% des expatriés de San Francisco votent « Non ».
avr
19
La faute à Shakespeare
Publié dans dévédécinétélé, culture, humeur | 7 commentaires
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Guns don’t kill people. Angry people with guns kill people.Ça n’a pas pris longtemps. À chaque fois qu’un déséquilibré génocide ses camarades de classe, il se trouve toujours une nuée d’imbéciles pour se bousculer dans les studios de CNN et de MSNBC et y faire le procès de la violence à la télévision ou dans les jeux vidéos. Cette fois-ci pourtant, j’ai cru qu’on allait y échapper. Le débat suivant le massacre de Virginia Tech a en effet d’abord porté sur l’accès facile aux armes à feu aux États-Unis, et dans l’État de Virginie en particulier.
Mais dès l’apparition du manifeste multimédia du meurtrier, où il pose flingues aux poings, ou imitant Choi Min-sik dans le cultissime film coréen Oldboy, les pseudo-experts et politiciens de tous bords ont immédiatement commencé leur assaut, insinuant ou accusant carrément Hollywood et l’industrie du jeu vidéo d’avoir une influence néfaste sur la jeunesse. Matrix par ci, Grand Theft Auto par là, on balance des extraits du Grindhouse signé Tarantino-Rodriguez, on compare les poses de Chow Yun Fat et de Keanu Reeves à celle que le jeune malade mental adopte dans ses autoportraits, et voilà : on a soudain captivé l’attention des soccer moms et des résidents de gated communities. Le danger ne vient pas de l’extérieur, leur dit-on. Non, il est déjà chez vous. Il s’insinue par les ondes cathodiques et plasmiques de vos téléviseurs via le câble et la PS3, par l’avalanche de bits qui innonde vos ordinateurs et crache une violence contagieuse au visage de vos têtes blondes qui, sans crier gare, vont un jour s’armer du Beretta que papa laisse bêtement chargé dans le tiroir de son bureau, et commettre un acte insensé et irréparable que leur aura dicté un producteur hollywoodien sans conscience.
Curieusement, l’une des premières réactions dans ce registre nous est venue de la France, avant même l’apparition des photos et vidéos envoyées aux médias par Cho Seung-Hui, l’auteur du massacre. Voulant peut-être se démarquer de ses confrères stigmatisant l’interprétation très ouverte que fait le lobby des armes à feu du Second amendement, ou obéissant simplement à un réflexe acquis après des décennies de lecture du Pélerin Magazine et des bulles pontificales, une éditorialiste mettait en cause dès mercredi matin la production télévisuelle américaine dont les Français sont eux-même friands. « Les cadavres s’y comptent par dizaines », écrit-elle en parlant des séries télévisées, des films et des jeux vidéos produits outre-Atlantique, ce qui lui fait remarquer que « la vie humaine y semble de bien peu de valeur ».
Cette perle de connerie catholico-cathodique — une parmi tant d’autres — nous est due à Dominique Quinio, directrice de la rédaction du quotidien La Croix, journal chrétien du centre mou.
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