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fév
24

Autocollants pour réclamer, respectivement, la collecte de meubles, d’articles à recycler, et de déchets.Dans les coins dédiés aux photocopieurs et à la papeterie des bureaux américains, on trouve souvent ces trois autocollants, destinés à réclamer la collecte, respectivement, de meubles, d’articles à recycler et de déchets. Et celui qui attire l’attention, c’est le troisième, celui qui sert à étiqueter les ordures : il est bilingue, en anglais et en espagnol. Car qui vide les poubelles des bureaux des entreprises de technologies de pointe en Silicon Valley ? Des employés hispano-américains, généralement travaillant pour une société spécialisée dans la sous-traitance de nettoyage de bureaux et magasins. Certains sont des clandestins envoyant une partie de leur salaire à leur famille au sud de la frontière. C’est là un autre paradoxe américain, où les salariés parmi les plus aisés du pays (et du monde) côtoient les populations les plus pauvres, sans aucune protection sociale, assurance santé ou représentation syndicale, gagnant un salaire minimum ne leur permettant pas généralement de vivre dans la région de San Francisco, mais bien plus au sud, dans les comtés ruraux de Santa Cruz ou de Merced, ou à l’est dans la Vallée centrale, à une heure et demi de route ou plus.
Je sais, les plus cyniques d’entre vous ricaneront gentiment, m’accusant de faire du Germinal sur mon blog, et de n’être qu’un latte liberal cherchant à se donner bonne conscience avec un billet aux accents zoliens.
Mais c’est juste un petit éclairage pour compenser l’optimisme frôlant parfois la naïveté de certains Français qui voient en Silicon Valley un havre de richesse et d’opportunités. L’endroit est en effet idéal pour les entrepreneurs et les ambitieux diplômés voulant se lancer à l’aventure. Mais il ne doit pas faire oublier que malgré toutes les richesses que l’endroit favorise, celles-ci resteront hors de portée de ceux dont le boulot est de ramasser les déchets produits par les riches.Commentaires
7 commentaires sur “Basura”
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Et d’ajouter que cette main d’oeuvre “bon-marche” et “sous-qualifiee” est absolument indispensable aux riches et a lers compagnies hi-tech… S’ils etaient pas la, je te raconte pas le bordel que ca serait…
Qui a vu “A day without a Mexican”?…
C’est une réalité qui est toujours bonne de souligner.
Aurait-il du personnel “local” pour le faire à leur place ?
Merci de cette lueur pragmatique !
Le personnel « local », c’est eux. — Arnaud
Au delà des conséquences économiques de la présence des Latinos, j’ai toujours été sensible à leur côté “rayon de soleil ” dans la ville. Non seulement ils font les travaux les plus durs et les plus mal payés, mais ils le font avec le sourire et même le rire.
Idem a New York, le “super” de mon immeuble est Colombien, moralite, on se comprend mieux en parlant espagnol parce que j’ai du mal avec son accent quand il parle anglais !
Cela dit ce n’est pas très différent en Europe - et en France en particulier. Les gens assez aisés cotoient aussi des travailleurs immigrés qui, étant illégaux, font les travaux les plus durs.
On ferme pudiquement les yeux car tout le monde y trouve un intérêt : les classes moyennes y voient un moyen de faire repeindre leur appart ou de faire garder une personne âgée à des tarifs qui leur permet de ne pas rogner sur leur train de vie et les immigrants car c’est le seul moyen de vivre.
En fait c’est une sorte de “délocalisation” du service.
Ouaip, problème mondial, et comment, mais comme le dit Arnaud il est toujours bon de tempérer un peu l’enthousiasme parfois béat des expat’ au sujet du “Land of Opportunity”…
Bravo Arnaud, espèce de sale gauchiste.