Kevin Rose
Kevin Rose, co-fondateur de digg.com, trinque à la santé de Silicon Valley.
Photo : Thomas Hawk. Licence Creative Commons.

Cela aura pris près d’une demi-décennie, mais Silicon Valley semble enfin avoir remonté la pente depuis la crevaison de la bulle du début du millénaire. Joint Venture Silicon Valley Network, qui a mis sur pied un indice du pôle, estime que plus de 30 000 emplois ont été créés entre le deuxième trimestre 2005 et la même période en 2006 (sur un total de 1 184 061 et une population de 2,44 millions). 37% de la population a entre 20 et 44 ans, 25% entre 45 et 64 et elle est à 42% blanche, 29% d’origine asiatique, et 24% hispanique. L’immigration a doublé, et dans 48% des foyers on parle une autre langue que l’anglais. L’espagnol mène, suivi par le chinois, le vietnamien et le tagalog — d’autres langues asiatiques et européennes se partagent le reste.

Les étrangers jouent en effet un rôle essentiel dans l’économie locale, comme ce blog brillant en témoigne. Plus de la moitié des salariés travaillant dans le domaine des sciences et technologies de la région sont nés à l’étranger. En tête, les Indiens, avec 14% des talents importés, suivis par les Chinois (8%), les Vietnamiens, les Taïwanais, les Hong-Kongais, les Japonais, les Coréens et les Britanniques. Les Français représentent une fraction de pourcentage.

Côté économie, 6 des 10 villes américaines où l’on dépose le plus de brevets appartiennent à la région, et l’investissement dans des entreprises locales a considérablement repris, et pas seulement dans des jeunes pousses touchant à l’informatique, mais aussi dans de nombreuses entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables et les technologies dites « propres ».

Seules quatre entreprises installées en Silicon Valley sont françaises, représentant 284 emplois. Les Taïwanais et les Britanniques sont loin devant avec une trentaine d’entreprises chaque, suivis de près par Israël et le Japon.

Il y a cependant des points noirs : la proportion de résidents profitant d’une couverture médicale fournie par leur employeur a baissé de 5% entre 2001 et 2005, par exemple. La délinquance juvénile est aussi en hausse, avec une augmentation de 22% entre 2002 et 2005. Le revenu médian par foyer dans le comté de Santa Clara a remonté en 2005 pour la première fois depuis 2001, mais reste inférieur à la période de la bulle. Le taux de réussite à la sortie des lycées est en baisse, ainsi que les inscriptions universitaires, notamment pour les minorités.

Une journée de conférence doit avoir lieu vendredi autour du rapport, The State of the Valley, qui se concluera par une présentation par Al Gore.

Commentaires

3 commentaires sur “Silicon Valley remonte la pente”

  1. Thomas le 31 janvier 2007 21:47

    Petite question pour toi qui a profité de l’embellie du marché du travail en silicon valley:
    Tu es arrivé aux USA un peu à l’aventure ou tu avais déjà des pistes concernant le boulot?

    Merci

    Salut Thomas,
    Je suis en fait arrivé avant la première bulle, en 1999. J’ai eu la chance de voir ça (je travaillais en fait déjà pour Yahoo! en France depuis fin 1996), puis j’ai subi le
    bust, et j’ai vu la remontée effectuée doucement par le secteur dans la région. Je suis arrivé ici parce que j’avais déjà une offre de boulot. Je ne conseille à personne de venir ici à l’aventure et de tout lâcher pour espérer trouver quelque chose ici, car les chances d’y réussir sont très minces de cette façon, ne serait-ce que pour des questions d’immigration.
    Il est en revanche une bonne idée de se faire un maximum de contacts ici, et ça peut être à travers plusieurs voyages. Une autre solution est de venir faire ses études ici. Je conseille toujours aux jeunes ingénieurs européens qui veulent bosser ici de garder leur boulot en Europe pour l’instant tout en posant leur candidature à des postes aux Etats-Unis, laissant entendre qu’ils peuvent facilement venir pour passer des entretiens.

  2. Thomas le 1 février 2007 13:33

    Merci beaucoup pour ta réponse.

    Cependant c’est pas facile de faire plusieurs milliers de kilometres pour venir passer un entretien. C’est du temps, de l’argent et des efforts sans être sûr du résultat.

    Qui ne risque rien n’a rien… Ca fait partie de la mentalité ici. Il faut voir ça comme un investissement. Ca peut rapporter à long terme. Cela dit, si tu as des compétences et une expérience recherchées, il arrive qu’une entreprise paye pour le déplacement, ou du moins une partie, comme l’hébergement. Une boîte basée à Santa Barbara avait ainsi pris en charge mon vol de San Francisco il y a trois ans. Mais c’est vrai que ce n’est pas la même distance… Tout se négocie. Tu peux indiquer à une entreprise qui recrute dans ton courrier accompagnant ton CV que tu seras dans la région à une période donnée, par exemple.

    Enfin t’es pas obligé de répondre mais en quoi consiste ton job?

    Je travaille pour une certaine société de Cupertino. — Arnaud

  3. David le 6 février 2007 11:18

    Salut Arnaud,
    ça fait plaisir que cette région dans laquelle je vais bientôt resider pendant un an pour mes études, aille de mieux en mieux et que le marché de l’emploi reprenne bien. J’imagine que le rapport dont il est question englobe l’emploi en général et non seulement le marché hi-tech en fait…
    Au passage il FALLAIT que je te dise que tu fais un excellent boulot avec ce blog que je lurke depuis des lustres ;) C ya soon in the valley
    David

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