Puma
Attention, chat méchant.
Photo : Ron’s Log. Licence Creative Commons.

Attention, chat méchant : vendredi dernier, un homme de 70 ans a été attaqué par un puma dans le parc d’état Prairie Creek Redwoods, au nord d’Eureka, et n’a dû son salut qu’au courage de sa petite femme, armée d’une bûche et d’une bonne dose de détermination. Il a dû être héliporté vers San Francisco avant-hier pour recevoir des soins urgents, où sa condition s’est améliorée. Entretemps, les services du parc ont abattu un couple de pumas, dont la femelle qui a attaqué le promeneur. Ce n’est pas la première fois qu’une telle occurrence se produit — en janvier 2004, un randonneur avait été tué par l’un de ces félins dans le comté d’Orange, ce qui avait relancé le débat sur le statut dont bénéficient les pumas en Californie, où ils sont protégés. Les cougars, ou mountain lions, comme les appellent les Américains, peuvent en effet être chassés dans le reste du pays.
Évidemment, l’expansion immobilière en Californie (certes ralentie ces mois-ci) n’aide pas au phénomène, réduisant progressivement la superficie de l’habitat des félins, les conduisant à se montrer plus agressifs. Je ne peux cependant guère prétendre à moraliser sur le sujet, moi qui rêve d’un ranch dans un coin paumé de l’état.

Jim Gray
Jim Gray, génie informatique.
Photo : Esthr. Licence Creative Commons.

Scientifique disparu en mer : Jim Gray, un brillant ingénieur du groupe eScience de Microsoft et à qui on doit de nombreuses applications utilisant des bases de données gigantesques et complexes, a disparu en mer dimanche dernier à bord de son voilier de douze mètres dans les environs des îles Farallon, au large de San Francisco. Selon sa famille, sa sortie en mer avait pour but de disperser les cendres de sa mère.

Bal de baleines : une soixantaine d’orques seraient en train de chasser le saumon au large du Golden Gate. Les dauphins géants se sont fait remarquer il y a quelques jours près de Half Moon Bay. Leur espèce est protégée.
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Kevin Rose
Kevin Rose, co-fondateur de digg.com, trinque à la santé de Silicon Valley.
Photo : Thomas Hawk. Licence Creative Commons.

Cela aura pris près d’une demi-décennie, mais Silicon Valley semble enfin avoir remonté la pente depuis la crevaison de la bulle du début du millénaire. Joint Venture Silicon Valley Network, qui a mis sur pied un indice du pôle, estime que plus de 30 000 emplois ont été créés entre le deuxième trimestre 2005 et la même période en 2006 (sur un total de 1 184 061 et une population de 2,44 millions). 37% de la population a entre 20 et 44 ans, 25% entre 45 et 64 et elle est à 42% blanche, 29% d’origine asiatique, et 24% hispanique. L’immigration a doublé, et dans 48% des foyers on parle une autre langue que l’anglais. L’espagnol mène, suivi par le chinois, le vietnamien et le tagalog — d’autres langues asiatiques et européennes se partagent le reste.

Les étrangers jouent en effet un rôle essentiel dans l’économie locale, comme ce blog brillant en témoigne. Plus de la moitié des salariés travaillant dans le domaine des sciences et technologies de la région sont nés à l’étranger. En tête, les Indiens, avec 14% des talents importés, suivis par les Chinois (8%), les Vietnamiens, les Taïwanais, les Hong-Kongais, les Japonais, les Coréens et les Britanniques. Les Français représentent une fraction de pourcentage.

Côté économie, 6 des 10 villes américaines où l’on dépose le plus de brevets appartiennent à la région, et l’investissement dans des entreprises locales a considérablement repris, et pas seulement dans des jeunes pousses touchant à l’informatique, mais aussi dans de nombreuses entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables et les technologies dites « propres ».

Seules quatre entreprises installées en Silicon Valley sont françaises, représentant 284 emplois. Les Taïwanais et les Britanniques sont loin devant avec une trentaine d’entreprises chaque, suivis de près par Israël et le Japon.

Il y a cependant des points noirs : la proportion de résidents profitant d’une couverture médicale fournie par leur employeur a baissé de 5% entre 2001 et 2005, par exemple. La délinquance juvénile est aussi en hausse, avec une augmentation de 22% entre 2002 et 2005. Le revenu médian par foyer dans le comté de Santa Clara a remonté en 2005 pour la première fois depuis 2001, mais reste inférieur à la période de la bulle. Le taux de réussite à la sortie des lycées est en baisse, ainsi que les inscriptions universitaires, notamment pour les minorités.

Une journée de conférence doit avoir lieu vendredi autour du rapport, The State of the Valley, qui se concluera par une présentation par Al Gore.

Jack Wakes Up

J’ai hier commencé à écouter Jack Wakes Up. Il s’agit d’un livre audio (en anglais), diffusé sous la forme d’un podcast, écrit et lu par Seth Harwood, un résident de Berkeley. L’histoire se déroule de nos jours à San Francisco et sa région, mais l’auteur rend hommage dans son style au genre du noir façon pulp. Seth tient aussi un blog commentant son progrès dans l’écriture de la suite du roman.

Jack Wakes Up sur iTunes.


Aluminum Cube
Une blague très Silicon Valley : le cubicle enveloppé de papier alu.

Il y a aux États-Unis — et en Silicon Valley en particulier — une longue tradition de blagues de cubicles, ou cubes, les espaces de travail semi-cloisonnés qui sont la règle dans la plupart des entreprises (le concept de l’open space est pratiqué par certaines start-ups, mais finit en général par disparaître progressivement si la société grandit, et nombre d’employés — dont je fais partie — préfèrent le cube, plus propice à un minimum d’intimité).
Hier, c’était l’anniversaire de Ryan, l’un de mes collègues, et en arrivant il a trouvé son cube dans cet état. Plusieurs rouleaux de papier aluminium ont servi à tapisser son espace de travail et à enrober toutes ses affaires, de son moniteur à ses moindres stylos. Alu-cinant, non ?

PacBell Building
La façade de l’immeuble de la Pacific Telephone and Telegraph Company, à San Francisco. Photo : ptufts. Licence Creative Commons.

Lorsque j’emménageai dans mon nid de Menlo Park, fin 1999, j’obtins une ligne de téléphone avec la Baby Bell locale, Pacific Bell. PacBell, pour les intimes, était né de l’explosion forcée de AT&T en 1984, alors surnommée Ma Bell (du nom du réseau que l’entreprise exploitait, le Bell System). Le démantèlement du géant téléphonique américain était le résultat d’une initiative du Département de la Justice américain lancée en 1974, jugeant que le quasi-monopole de l’opérateur menaçait les droits des consommateurs et l’économie américaine.
Le 1er janvier 1984 avait vu donc naître une portée de Baby Bells : Ameritech, Southwestern Bell Telephone Company, Pacific Telesis (une holding détenant Pacific Bell et Nevada Bell), BellSouth, Bell Atlantic, NYNEX, US West et AT&T, qui en profita pour adopter un nouveau logo plus moderne.
Ainsi commençait un autre chapitre de la saga des télécommunications américaines, une épopée haute en couleurs, ponctuée de scandales financiers et d’incestes économiques.

Sautons quelques chapitres : en 1997, Bell Atlantic et NYNEX fusionnent. L’année suivante, Southwestern Bell Telephone Company, la plus petite des Baby Bells lors du désaisissement d’AT&T, rachète la Southern New England Telephone Company, l’une des rares entreprises de téléphone qui ne faisait pas partie du système Bell exploité par AT&T. Mais Southwestern Bell ne s’arrête pas là : elle fait l’acquisition de deux autres Baby Bells, Pacific Telesis et Ameritech, et simplifie son nom en SBC. Le papier en-tête de ma facture téléphonique est bientôt modifié pour refléter la nouvelle identité de la société. Le nouveau stade de baseball de Pacific Bell Park, à San Francisco, voit son enseigne modifiée en SBC Park, un nom que les autochtones se refusent à adopter. En 2000, de son côté, Verizon naît du rachat de GTE, un autre réseau téléphonique indépendant de Ma Bell, par Bell Atlantic, qui avait déjà avalé NYNEX (vous suivez toujours ?).

Le phagocytage de SBC ne fait que commencer. En 2005, l’opérateur rachète AT&T, la maison dont il est né deux décennies plus tôt, et décide de changer son nom en… AT&T. Logique, après tout : l’identité de SBC n’a que quelques années, alors que le nom d’AT&T a une renommée mondiale. Entretemps, SBC a créé en 2001 un opérateur de téléphonie mobile, Cingular Wireless, dans une coentreprise avec BellSouth (dont l’acquisition par la nouvelle AT&T vient d’être approuvée par la FCC). Le nouvel opérateur mobile ne fait en fait que fusionner les réseaux d’une flopée d’opérateurs régionaux, créant ainsi le plus gros opérateur de téléphonie mobile américain, devant Verizon, et loin devant Sprint et Nextel (qui fusionnèrent en 2005). À l’exception des réseaux de Pacific Bell et de BellSouth, utilisant du GSM PCS 1900, le réseau est à l’époque essentiellement du TDMA, mais il est progressivement harmonisé en GSM au niveau national.
Du coup, les clients de AT&T Wireless, après l’acquisition de la maison mère par SBC, se voient forcés de migrer vers Cingular. Ironiquement, ils vont à nouveau être clients d’AT&T, puisque SBC (pardon, AT&T) a commencé ce mois-ci le rebranding de Cingular en… Wireless by AT&T.

En 2004, j’étais donc client de trois sociétés différentes pour mes services téléphoniques, respectivement pour mon téléphone mobile (Cingular), ma ligne de téléphone locale et mon service DSL (Pacific Bell, puis SBC) et mon service de téléphone longue distance (AT&T). Désormais, je suis client de la même entreprise pour tous ces services.

Je laisse la parole à Stephen Colbert, qui résumait brillamment ce labyrinthe de fusions et acquisitions il y a quelques jours :

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San Francisco a un gros problème. Le maire et la police de la ville se félicitaient il y a seulement quelques semaines du déclin du nombre de meurtres en 2006, une première depuis 2000 avec 85 meutres, contre 96 en 2005. Seulement voilà : les dernières heures de 2006 et les deux premières semaines de 2007 risquent fort d’avoir raison de ce bel optimisme.
Depuis le début de l’année, 11 personnes ont été tuées à San Francisco. Une autre s’est suicidée après avoir tué sa femme, et un incendie suspect a coûté la vie d’une treizième personne.
La plupart des meutres (représentés sur cette carte cliquable Google) ont été commis avec une arme à feu. Deux double-meurtres ont particulièrement secoué la ville, à deux jour d’intervalle. Le 12 janvier, les corps de José Delacruz et Flor Guzman-Vasquez ont été retrouvés dans leur voiture, dans le quartier de Mission-Terrace. Ils ont été abattu devant leurs enfants, une petite fille de quelques mois et un garçon de cinq ans, qui, éclaboussé de sang, est allé frapper à la porte de maisons alentours pour chercher de l’aide. Dimanche 14 janvier, peu après minuit, deux jeunes hommes dans une voiture ont été abattus d’une balle dans la tête dans le Lower Haight, en face d’une boîte de nuit.
Le corps brûlé d’une femme retrouvée près de Candlestick Point reste non identifié. Suite

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