Superman Returns

Superman Returns, réalisé par Bryan Singer.
Avec Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey, James Marsden, Parker Posey.
Warner Bros. 154 minutes.
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Il est difficile de ne pas apprécier Superman Returns, ne serait-ce justement parce qu’il ressuscite sur le grand écran une franchise qui nous a tous laissé nostalgiques. Bryan Singer, à qui on doit les deux premiers X-Men (l’homme connaît ses superhéros) rompt cependant partiellement la continuité avec les films précédents. Superman Returns, comme son titre l’indique, ne réécrit pas la mythologie du superhéros, mais s’intègre — du moins en partie — avec les récits précédents.

Superman, qui s’est absenté pendant cinq ans pour un pélerinage sur les traces de sa planète natale sans laisser d’adresse, réapparaît soudain dans le champ de maïs de ses parents adoptifs, et Clark Kent, qui avait pris un long congé sabbatique en Amérique du Sud, retrouve du travail au Daily Planet. Lois Lane a toujours écrit un article racontant sa « nuit avec Superman », mais elle ne connaît pas l’identité du superhéros dans le civil. La continuité n’est donc pas parfaite avec les films précédents, mais peu importe : les fidèles des comics sont habitués à ce genre de narration parallèle, le personnage de Superman et son univers ayant subi maintes incarnations au cours des décennies, au gré des scénaristes et dessinateurs qui ont repris la franchise. Et les séries télévisées « Les Aventures de Lois et Clark » et « Smallville » ont pris quelques libertés de leur côté avec les mêmes personnages.

Superman Returns
Lois Lane et Clark Kent. Image : Warner Bros. Tous droits réservés.

Brandon Routh, dans le rôle de Clark Kent/l’homme d’acier, est craquant comme tout (j’en ai eu confirmation auprès de la gente féminine et homo de San Francisco) ; Kate Bosworth est adorable en Lois Lane avec ses talons Marc Jacobs, et Kevin Spacey est un Lex Luthor de grande classe, accompagné d’une fantastique Parker Posey en belle plante un peu encombrante. Et c’est peut-être là le problème : Spacey vole la vedette à ses co-stars par son interprétation, évitant la caricature loufoque que Gene Hackman fait du méchant dans les précédents volets, sans pour autant tomber dans un portrait trop satanique du criminel mégalomaniaque.

Lois Lane est certainement le personnage qui souffre le plus de cette adaptation. Margot Kidder, qui incarnait la reporter intrépide et gentiment insupportable dans les quatre précédents films, avait une présence pétillante et irrésistible qui fonctionnait admirablement avec Christopher Reeve, alternant un côté dragon opportuniste avec Clark Kent avec une facette vulnérable lorsque Superman montrait sa cape. Kate Bosworth incarne une Lois Lane plus proche de celle recréée par John Byrne à la fin des années 80, dont l’attachement à Superman ne la rend pas pour autant irrationnelle. Peut-être parce qu’elle est désormais maman, elle a la tête sur les épaules et ne donne pas dans l’hystérie façon Margot Kidder, ce qui ma foi rend son personnage un peu plat. Kate Bosworth n’est pas mauvaise du tout, mais sa Lois manque de relief. L’actrice semble facilement interchangeable, et on imagine facilement le rôle rempli de façon tout aussi honnête par une autre brunette.

Brandon Routh a lui des bottes bien larges à remplir, celle de Christopher Reeve, à qui le film est dédié (ainsi qu’à son épouse récemment décédée). Il s’en sort plutôt bien, notamment dans le rôle de Clark Kent, mais il a bien du mal à faire oublier son prédécesseur. Il faudra au moins un autre film pour y parvenir.

Superman Returns est toutefois un divertissement tout à fait agréable, et Bryan Singer va même dans son hommage aux films de Donner et Lester jusqu’à intégrer les apparitions fantômatiques de Marlon Brando dans le rôle de Jor-El, le papa de Superman, et à réutiliser la musique de John Williams et les effets un peu désuets du générique d’ouverture. D’autres clins d’oeil à l’héritage classique de l’homme d’acier ponctuent le film souvent avec humour, et l’intrigue prépare même les spectateurs à une suite possible. Le film a ramassé quelque 52 millions de dollars le premier weekend de sa sortie. C’est deux fois moins que Spider-Man pour la même période, mais un peu mieux que Batman Begins. La franchise cinématographique semble donc elle aussi de retour.

Superman Returns - Bande sonore

Superman Returns (bande sonore du film).
John Ottman.
Rhino / Wea.
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Avant Brandon Routh et Christopher Reeve, avant Dean Cain et Tom Welling, il y avait George Reeves, qui incarna l’homme d’acier dans les années 50 dans la série télévisée « The Adventures of Superman », suite à son incarnation dans Superman and the Mole-Men, le premier film où apparaît le superhéros, une oeuvre facilement oubliable tournée en 11 jours — en fait un pilote pour la série télévisée. L’homme, qui apparut dans de nombreux films dans les années 40, resta cependant associé au héros créé par Jerry Siegel et Joe Schuster dans l’esprit collectif américain de l’époque, souvent forcé à apparaître en public en costume au grand enthousiasme des enfants.

George Reeves fut trouvé mort d’une balle dans la tête dans une chambre d’hôtel en 1959, et la police traita son décès comme un suicide, attribuant son geste à son désespoir de ne pouvoir trouver d’autres rôles que celui du superhéros. Un aura de mystère a cependant toujours plané sur l’affaire, et fait désormais le sujet d’un film, Hollywoodland, dont la sortie est prévue pour septembre 2006 aux États-Unis. Le film est réalisé par Allen Coulter, à qui on doit nombre d’épisodes des « Sopranos » ou de « Six Feet Under », et compte dans sa distribution Ben Affleck dans le rôle de George Reeves (que je n’ai reconnu qu’après avoir entendu son nom dans la bande-annonce), Adrien Brody, Diane Lane et Bob Hoskins.

DC Comics Super Heroes
La Poste américaine honore les superhéros de DC Comics. Image : USPS. Tous droits réservés.

« Les comic books ne sont pas juste pour les enfants », explique l’United States Postal Service (USPS) pour présenter une série de timbres titrée « DC Comics Super Heroes » dont la mise en vente est prévue le 21 juillet. Cette feuille de 20 timbres à 39 cents honore les stars de la galaxie DC Comics, de Superman et Batman à Flash et Wonder Woman, en passant par Green Lantern et Plastic Man. USPS est toujours prompte (un peu de marketing oblige) à immortaliser les icônes de la pop culture américaine — la preuve : Ronald Reagan vient d’ailleurs de faire l’objet d’un timbre, lui aussi.

La chaîne Sci-Fi vogue logiquement sur la vogue surhumaine et présente à partir du 27 juillet une nouvelle émission de télé-réalité : Who Wants to Be A Superhero? Vous avez bien lu : onze prétendants ont été sélectionnés parmi une foule de prétendants, et vont tenter de démontrer aux téléspectateurs et à Stan Lee, le légendaire créateur de Spider-Man, qu’ils ont la trempe d’un superhéros, cape et slogan compris. J’ignore qui sont ces gens, et si leur objectif réel est d’obtenir un rôle dans un médiocre téléfilm produit par Sci-Fi ou de faire leurs débuts dans la WWE, mais c’est l’un de ces phénomènes qu’on ne rencontre guère ailleurs qu’aux États-Unis. Et c’est peut-être tant mieux.

Commentaires

1 commentaire sur “Ciné : Superman Returns”

  1. Dolce le 5 juillet 2006 15:26

    Superman returns… et ne crie plus “to justice, to te American Way” mais juste “To justice, and all that stuff” ou qqchose du genre… les temps changent apres la guerre froide ;)

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