Judgement of Paris
1976, Californie-France : 2-1.

Et après les Français s’étonnent d’avoir une réputation de trouillards auprès des Américains… Trente ans après le fameux « jugement » de Paris de 1976 qui pour la première fois vit deux vins californiens récompensés d’une première et seconde place, doublant les crus bordelais et bourguignons lors d’une dégustation à l’aveugle par des experts français (l’événement fait le sujet d’un livre), voilà que les producteurs bordelais dont les vins étaient représentés lors de ce moment d’œnologie semblent avoir peur de renouveler l’expérience.
La dégustation qui doit avoir lieu au St. James de Picadilly Circus à Londres ne sera donc pas faite à l’aveugle, ceci dû à leur insistance. Les experts présents représentent la crème de l’œnophilie mondiale, mais ils sauront avant de goûter si le vin est français ou californien. Ils goûteront donc aux mêmes vins que leurs confrères d’il y a trois décennies, ce qui sera l’occasion de voir comment ceux-ci ont vieilli, mais aussi aux mêmes crus mais d’un millésime plus récent, ainsi qu’à de nouveaux vins. L’événement doit se tenir à Londres le 24 mai, et simultanément à Copia, dans la vallée de Napa, à 9h30.
Ce refus de la part de certains producteurs bordelais est là un bel exemple de bêtise à la française, du calibre de ce qui nous vaut une réputation d’arrogance et de mauvaise foi à l’étranger. Pour être juste, il faut souligner que certains producteurs californiens dont les vins ont été goûtés en 1976 n’ont pas voulu non plus retenter l’expérience, comme le précise le Wall Street Journal. Alors de quoi ont peur les producteurs bordelais en question ? « Pouvez-vous sentir l’odeur de la peur ? Moi oui », écrit l’œnophile san-franciscain Alder Yarrow sur son blog Vinography, « Pour une raison quelconque, les Français ont peur que le résultat sera le même qu’il y a trente ans. » De son côté, Mark Fisher, l’éditorialiste qui signe la chronique Uncorked, donne carrément dans la rubrique Wine Sediments dans le French-bashing, de celui qui donne des boutons à notre SuperFrenchie : « The French may get one benefit out of all this: whenever I serve chicken, I’ll think first of Bordeaux. »
Ouille.

Commentaires

2 commentaires sur “Les Bordelais ont peur des Californiens”

  1. Dolce le 11 mai 2006 6:20

    Dommage que ca ne se fasse pas a l’aveugle… je trouve cela tellement biaise ! Bonne journee sur l’autre cote…
    Dolce

  2. Nikita Donner-Kebab le 30 novembre 2006 8:10

    Bah, de toute façon, tout ceci ne vaut pas le picrate argentin moyen !

    Hello camarade libéral ! Content de te voir en forme.

    Thomas (d’une autre vie)

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