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Avec le bouclage de Star Wars et la fin de Star Trek (Enterprise, le plus récent spin-off de la franchise, a vu diffuser son dernier épisode il y a quelques mois après seulement quatre saisons), nombre d’amateurs de science-fiction classique se sont sentis orphelins.
Musique par l’Elisabeth Lohninger Quartet (iTunes France, iTunes US, PMN), distribuée sur le Podsafe Music Network.

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Pourtant, le sous-genre du space opera est en plein renouveau. À l’appui, l’excellente série Battlestar Galactica, dont le pilote et la première saison viennent de sortir en DVD région 1. Quoi ? Battlestar Galactica ? Ce vieux machin des années 70 produit par Glen Larson, cette espèce de sous-Star Trek kitsch et ringard ? Non, pas celui-là. Ce dont il est question ici est une réadaptation, orchestrée par Ron Moore avec l’aide de David Eick, deux producteurs-scénaristes qui ont fait leurs armes respectivement sur Star Trek et Hercule.

La mini-série de trois heures diffusée en 2003 sur SciFi fut reçu avec enthousiasme, ce qui mena à la production d’une première saison l’année dernière, qui confirma le succès du concept. Avec la deuxième saison, actuellement en diffusion, cette version de Battlestar Galactica a atteint un statut de série culte.
Battlestar Galactica
La série n’a pas grand chose à voir avec l’original. Les créateurs ont certes gardé l’intrigue principale : les Cylons sont à la poursuite de ce qui reste de l’humanité, embarquée à bord d’une flotte spatiale à la recherche de la Terre. Les personnages principaux sont restés aussi, et portent les mêmes noms, mais cette fois-ci, Starbuck est une femme. Elle a toutefois conservé même sale caractère que son homologue masculin de la version originale. C’est un peu gonflé, mais ça marche.

Visuellement, Battlestar Galactica est un plaisir. C’est très métallique et militaire, l’espace est quasi-silencieux (comme dans la série Firefly, dont je parlerai plus loin, et, ma foi, comme il se doit), et les plans et le montage sont fait un peu à la Tony Scott, avec des effets de caméra à l’épaule, renforçant le réalisme. Là encore, ça rappelle Firefly, et ça n’est pas étonnant, vu que Lee Stringer et Emile Edwin Smith, qui ont travaillé sur cette série, sont parmi l’équipe des effets spéciaux.

Mais là où la série des années 70 était un divertissement un peu bête sans grande profondeur, les créateurs — ou plutôt les re-créateurs — de la nouvelle version ont pondu une série intelligente, et, disons-le, carrément intello par bien des aspects.

Côté scénario, c’est très complexe. Comme nombre de séries au cours des dernières années, Battlestar Galactica suit plusieurs intrigues en parallèles, qui se croisent et se recroisent. Les créateurs ont introduit une mythologie directement inspirée du panthéon gréco-romain, que David Eick doit bien maîtriser malgré les libertés qu’il a pris avec quand il bossait sur les aventures d’Hercule. Les personnages sont complexes, d’autant que cette fois-ci, les Cylons ont appris à créer des clones d’êtres humains quasi-indifférenciables de leur original, possédant la mémoire de leur modèle et doué de libre-arbitre. Ils croient même en Dieu, tandis que les humains vénèrent toujours un panthéon de divinités. Bref, les conventions sont brouillées à loisir, ce qui risque d’en dérouter plus d’un.

La distribution doit également beaucoup au succès de la série. Le commandant Adama est incarné avec beaucoup de prestance par Edward James Olmos. Mary McDonnell, que vous avez vue notamment jouer la Première Dame des États-Unis dans Independence Day a été ici promue, puisqu’elle est la présidente de ce qui reste de la Fédération. La surprise, outre la version féminine de Starbuck, incarnée par Katee Sackhoff, c’est le retour de Richard Hatch, qui jouait Apollo dans la série originale. Ce coup-ci, il joue le rôle d’un ex-prisonnier politique très manipulateur. C’est une apparition plutôt inattendue, puisque Hatch s’était opposé à Ron Moore concernant la réadaptation de la série, qu’il voulait continuer, au lieu de la ré-imaginer.

Battlestar Galactica, comme son cousin de Sci Fi Stargate SG-1, est filmé quasiment entièrement dans la région de Vancouver, comme beaucoup de séries télévisées ces jours-ci. Ce qui explique pourquoi la plupart des planètes explorées ces jours-ci à la télé ressemblent beaucoup à la Colombie-Britannique.

La mini-série pilote de Battlestar Galactica et la première saison sont disponible en DVD région 1, et la deuxième saison est actuellement diffusée sur SciFi aux États-Unis. À noter également que SciFi permet de télécharger les commentaires des producteurs de la plupart des épisodes de la série au format MP3 à partir de son site. Ils sont également diffusés dans la rubrique Podcasts de iTunes. La première saison vient d’être diffusée sur Sky One en Grande-Bretagne, il y a donc bon espoir que la saison 2 y arrive bientôt.

En France, la mini-série a été diffusée sur la chaîne du câble 13e Rue en janvier dernier. Je sais aussi que pas mal de fans militent pour la diffusion de la série sur M6, mais apparemment c’est pour l’instant le silence radio de ce côté. Il faut dire que MGM France ferme ses portes suite à son acquisition par Sony, ce qui risque de ralentir le processus, mais sait-on jamais. Dans tous les cas, ça vaut la commande en DVD.

http://www.scifi.com/battlestar/
http://battlestar-galactica.forumactif.com

En 2002, Josh Whedon se fâcha avec Fox Network quelque chose de bien. Le créateur de Buffy et Angel venait de produire les premiers épisodes d’une nouvelle série de science-fiction, Firefly. C’était un western dans l’espace, où on retrouvait dans la distribution des anciens de Buffy, notamment Nathan Fillion et Gina Torres. Visuellement somptueux, malin avec des dialogues plein d’humour comme Whedon sait les faire, Firefly aurait dû cartonner. Mais pour des raisons mystérieuses, Fox ne diffusa pas le pilote, jugé trop complexe, et commença par l’épisode 1, écrit à la va-vite par Whedon au cours d’un week-end, pour ne diffuser le pilote dans son entier que plus tard. Voilà qui déconcerta pas mal de spectateurs, et à partir de là, l’audience de Firefly dégringola, malgré de nombreux fans qui furent instantanément accros. La diffusion de la série fut annulée avant même la fin de la saison, alors que les 14 épisodes étaient déjà en boîte.
Serenity
Joss Whedon se brouilla avec Fox et annula son contrat avec le network. À la place, il décida de se lancer dans une version cinéma de Firefly. Universal donna son feu vert, et voilà, la bande-annonce de Serenity est d’ores et déjà dans les salles et sur les écrans. La sortie américaine est pour le 30 septembre, et on attend le film en France le 19 octobre.

En attendant la sortie, vous pouvez revoir la première et unique saison de Firefly sur SciFi, ou vous la procurer sur DVD région 1.

http://www.scifi.com/firefly/
http://www.serenitymovie.com

Ne hurlez pas tout de suite, mais il semble que la tendance qui consiste à adapter des jeux vidéos pour en faire des films ne ralentisse pas. Même si pas un seul bon film n’a été réalisé à partir d’un jeu vidéo (Angelina Jolie est une superbe Lara Croft, mais ne venez pas me dire que les films où elle incarne l’héroïne valent leur billet d’entrée), les producteurs d’Hollywood continuent à puiser dans l’imaginaire des joueurs de console pour s’assurer une clientèle de spectateurs.

Prochain en date, Doom. Ce titre légendaire de id software a été transposé au cinéma, et c’est produit notamment par John Wells, qui a a son actif Urgences, The West Wing ou One Hour Photo en tant que producteur exécutif. Le film a été réalisé par Andrzeij Bartkowiak, un Polonais qui a notamment mis en scène Romeo Must Die et nombre de films d’action. La seule véritable star du film est The Rock, qui joue le rôle de Sarge.

Doom

On attend donc le pire pour le 21 octobre, mais sait-on jamais. Quel ancien joueur de Doom n’aimerait pas entendre à nouveau le bruit menaçant du flingue à plasma qu’on charge avant d’appuyer sur la gâchette pour réduire en morceaux de chair fumants un monstre sorti tout droit d’un univers parallèle.

http://www.doommovie.com

Enfin, dernier titre en date sur le radar des adaptations du monde des consoles, Microsoft et Universal sont en train de collaborer sur une version cinématographique de Halo. Le scénariste choisi pour le boulot est Alex Garland, qui a écrit 28 jours plus tard et le roman The Beach. Microsoft lui a versé 1 million de dollars pour sa prose, donc on est en droit d’espérer quelque chose de pas trop désastreux lors de la sortie du film, prévue pour 2007.

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